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Bulletin Quotidien Europe N° 8753
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/proche-orient

Le soutien de l'UE à la résolution palestinienne sur le mur israélien crispe davantage ses relations avec l'Etat hébreu

Bruxelles, 22/07/2004 (Agence Europe) - L'Assemblée générale des Nations unies a adopté, mardi, à une majorité écrasante, la résolution palestinienne exigeant d'Israël le démantèlement de sa "barrière de sécurité" en Cisjordanie, conformément à l'arrêt rendu le 9 juillet par la Cour internationale de justice (CIJ). L'Etat hébreu a immédiatement fustigé ce vote en stigmatisant en particulier le soutien de l'Union européenne et surtout de la France. Pour Israël, le vote unanime de l'Union européenne en faveur de la résolution remet en cause son aptitude à jouer un rôle actif dans le processus de paix au Proche-Orient. Une position qui risque de crisper les rencontres prévues ces jeudi et vendredi entre le Haut représentant de l'UE pour la PESC, Javier Solana, le Premier ministre israélien, Ariel Sharon et le chef de la diplomatie Sylvan Shalom, dans le cadre de la tournée de M. Solana au Proche-Orient (voir EUROPE du 20 juillet, p.4).

L'Union européenne a "apporté un soutien honteux à cette résolution terriblement unilatérale", a dénoncé mercredi l'ambassadeur israélien à l'ONU Dan Gillerman cité par l'AFP, en s'attaquant surtout à la France qui "s'est comportée de façon particulièrement honteuse en œuvrant pour ses amis palestiniens et en convainquant les autres pays d'adopter" cette résolution. Le même jour, le directeur général du ministère des Affaires étrangères israélien, Yoav Biran, a convoqué les ambassadeurs de l'UE, du Royaume-Uni et des Pays-Bas pour leur faire savoir que le soutien de l'UE "suscite des doutes sur l'aptitude de l'Union européenne à contribuer de manière constructive à la progression du processus de paix" au Proche-Orient. Lors de ces rencontres prévues jeudi et vendredi avec Javier Solana, Ariel Sharon a l'intention de signifier au Haut représentant de l'UE pour la PESC qu'avec ce vote, "l'UE ne peut espérer jouer un rôle actif dans la région", a indiqué un haut responsable israélien, sous couvert d'anonymat, cité par l'AFP.

Après une semaine de débats intenses, la résolution palestinienne, qui exige également d'Israël le versement d'une indemnisation aux Palestiniens pour les dommages causés par sa barrière de sécurité, a finalement été adoptée par 150 voix pour, 6 contre (Etats-Unis, Israël, Australie, les îles Marshall, la Micronésie et Palau) et dix abstentions (dont le Canada). A l'initiative de l'UE, la résolution condamne en outre tous les actes de terrorisme et exhorte les deux parties, Israël comme l'Autorité palestinienne, à respecter leurs obligations dans le cadre de la feuille de route du Quartette pour le Proche-Orient. Alors que l'Etat hébreu a d'ores et déjà fait savoir qu'il ne tiendrait pas compte de cette résolution, non contraignante, les Palestiniens ont demandé l'application de sanctions internationales contre Israël si elle ne se plie pas à la résolution et se sont dits prêts à essayer d'obtenir une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui serait, cette fois-ci, contraignante.

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