Bruxelles, 09/03/2004 (Agence Europe) - En ouvrant le colloque organisé à Bruxelles, le 8 mars, Journée internationale de la femme, par la Commission européenne sur le thème "Future Commission - Elargissement - Elections: de nouvelles opportunités pour les femmes!", la Commissaire à l'Environnement Margot Wallström a évoqué d'emblée l'enjeu de cette journée en citant son petit garçon: "Maman, qu'est-ce que tu fais? - Je prépare mon discours pour demain, jour de la femme. - Mais alors, les autres jours, c'est quoi? C'est le jour de l'homme tout le reste de l'année, tous les jours?". Et voilà posée, par la voix d'un enfant, la question de l'égalité des chances entre les hommes et les femmes.
Prenant la parole devant une assemblée avec une faible participation masculine, le Président Prodi a rappelé tout ce que la Commission a fait sous sa présidence en matière d'égalité des chances. "C'est là quelque chose d'essentiel pour (…) avoir une véritable démocratie participative (…). Le développement économique et social de nos sociétés dépend de l'égalité des droits des hommes et des femmes. Nous ne pouvons pas priver l'Europe du potentiel humain qui représente la moitié de ses citoyens!", a-t-il déclaré. La Commission, a-t-il ajouté, veut une politique d'égalité « pour des raisons de principe et pour rendre notre Institution plus juste ». Et de poursuivre: "Il faut agir pour que la législation entre en vigueur au 1er mai. On veut notamment concilier vie professionnelle et familiale, éliminer les entraves aux carrières des femmes, protéger leur dignité" (EUROPE reviendra sur le vote au PE des rapports à ce sujet). Quant à l'augmentation du nombre de femmes aux postes de décision, il a rappelé: « Il y aura trois femmes parmi les Commissaires européens des nouveaux Etats membres. J'en espérais quatre, mais trois c'est déjà bien! » (voir p.13), M.Prodi a noté qu'au 1er mai, il y aura ainsi 7 femmes commissaires. "C'est déjà mieux que dans le passé! J'espère que mon successeur suivra cette tendance", a-t-il dit. Au sujet des élections européennes, il a insisté: « il doit y avoir des candidates sur les listes mais, surtout, elles doivent être en bonne place ».
"Aujourd'hui, on célèbre le progrès enregistré sur la voie de l'égalité entre les hommes et les femmes. On célèbre la solidarité avec les femmes partout dans le monde, et surtout avec celles qui vivent dans des situations de conflits, de pauvreté et qui sont victimes de violence", a déclaré Margot Wallström en lançant un appel à soutenir la campagne pour les femmes lancée le 8 mars par Amnesty International (ce qu'a fait aussi la députée européenne Anne van Lancker, socialiste belge). "Des milliers de femmes et jeunes filles en Europe sont battues, violées chez elles à l'endroit où elles devraient être les plus tranquilles", a noté la Commissaire. Quant à la situation des femmes au sein du personnel de la Commission européenne, Mme Wallström a noté que 48% de fonctionnaires sont des femmes mais seulement 17% d'entre elles occupent des postes de cadre moyen ou supérieur. Au Parlement européen, 30% des députés sont des femmes mais on constate de fortes disparités, allant de 11% d'Italiennes à 44% de Belges et Finlandaises. A la question de savoir "comment éviter le piège de la sous-utilisation de la femme", Mme Wallström répond: « une bonne gouvernance, une bonne administration de la vie économique et sociale, mais aussi privée ».
La présidente du parlement estonien (et professeur d'astrophysique) Ene Ergma a souligné que dans les nouveaux Etats membres "la sensibilité en matière de genre est toujours très faible" et affirmé que la proposition de la Commission d'élaborer un rapport sur l'égalité des femmes dans le domaine des sciences "venait à point nommé". Mme Ergma est très inquiète du risque de très faible participation aux élections européennes dans son pays. Pour elle, "le bon équilibre entre hommes et femmes qui existe actuellement au PE risque d'être mis en péril", après les prochaines élections européennes. Anne Van Lancker a indiqué que les chefs des groupes politiques du PE avaient écrit aux nouveaux Etats membres pour attirer leur attention sur la représentation des femmes dans les partis politiques. "Il faut maintenir la pression pour que le PE compte autant de femmes que d'hommes, et pourquoi pas avec une femme comme présidente?", a-t-elle lancé.