Bruxelles, 09/03/2004 (Agence Europe) - Le Luxembourg est "en désaccord sur la mise en œuvre d'une étape supplémentaire de libéralisation" du transport ferroviaire, a déclaré mardi le ministre des Transports, Henri Grethen, alors que son homologue français Gilles de Robien s'est montré beaucoup moins opposé qu'auparavant à une telle ouverture. Dans une attitude très attentiste, le Représentant permanent adjoint belge, François Roux, a prudemment rappelé l'importance que la Belgique attache à la notion de service public dans ce domaine. La France, la Belgique et le Luxembourg sont les trois seules délégations à s'être exprimées sur les quatre propositions législatives constituant le troisième paquet ferroviaire adopté le 3 mars par la Commission, lors de la courte délibération publique au Conseil Transports (voir EUROPE du 4 mars, p.9).
Le "rythme soutenu" de la Commission européenne "ne tient pas compte des difficultés rencontrées par certains Etats membres pour mettre en œuvre le premier paquet" ferroviaire, a regretté M. Grethen. Répétant les arguments qu'il avait avancés lors des négociations sur le deuxième paquet, M. Grethen a estimé qu'il serait plus judicieux d'attendre l'étude d'impact de la Commission sur le premier paquet et l'entrée en vigueur du deuxième paquet avant d'aller plus loin. Selon lui, cette "surenchère de libéralisation" n'est "pas raisonnable". La France s'est montrée beaucoup plus ouverte sur le principe de libéraliser le transport ferroviaire de passagers que pendant les négociations sur le deuxième paquet ferroviaire. "La France est vraiment ouverte à une certaine ouverture du trafic international de passagers dès lors que cette ouverture s'effectuerait dans le respect du service public et de la sécurité", a déclaré M. De Robien, en ajoutant que "le cabotage (…) peut être considéré comme un complément à l'ouverture du trafic international des passagers, mais dans le respect de l'équilibre des contrats de service public et sans constituer une ouverture prématurée du trafic national et régional de passagers". La libéralisation du transport de passagers est "très sensible pour nous", a déclaré M. Roux. "La question de service public" est très importante pour la Belgique, a-t-il insisté, en prévenant: "nous avons toujours défendu cela et nous continuerons à le faire".