Bruxelles, 30/01/2004 (Agence Europe) - L'avis d'initiative sur "les enjeux du nucléaire pour la production d'électricité" que Claude Cambus devait présenter le 27 janvier à la session plénière du Comité économique et social européen (CESE), a été reporté à la plénière des 25 et 26 février (voir EUROPE du 28 janvier, p. 15). La raison en est l'introduction, lors de la réunion du Bureau du 26 janvier, d'une quarantaine d'amendements par le directeur d'Euronatur, l'Allemand Lutz Ribbe, qui ne veut pas, comme les anti-nucléaires, d'un "avis qui aboutit à dire qu'on ne peut pas se passer du nucléaire", a constaté M.Cambus. L'avis avait été adopté à la quasi unanimité lors de la réunion de la section « transports » du 8 janvier dernier.
Dans cet avis, le Comité estime que le nucléaire devrait constituer un des éléments d'une politique énergétique diversifiée, équilibrée et durable pour l'UE, et estime que le nucléaire est essentiel si l'UE veut que l'exigence de développement durable se reflète dans ses politiques. En outre, le nucléaire contribue pour une large part à satisfaire les besoins énergétiques de l'UE et à assurer la sécurité de son approvisionnement, affirme le Comité, qui ajoute que l'Europe a besoin du nucléaire aussi pour respecter ses engagements de réduction des émissions de CO² souscrits dans le cadre du Protocole de Kyoto. Selon le Comité, à l'heure actuelle, il est impossible de respecter les impératifs de stabilisation des émissions de CO² en l'absence de nouvelles avancées technologiques et dans le comportement des consommateurs, et l'abandon du nucléaire ne ferait donc qu'aggraver les problèmes liés au changement climatique.
Pour le rapporteur Claude Cambus (qui, entre autres, est Secrétaire général de la Confédération européenne des Cadres), il s'agit d'un « avis technico-économique qui se pose dans une perspective mondiale ». Le message ultime en est, a-t-il précisé, que lorsque le nucléaire s'arrêtera, si on n'est pas capables de le remplacer par une autre source d'énergie, « on sera dans une situation catastrophique ». M. Cambus rappelle qu'actuellement 35% des besoins en électricité de l'UE sont satisfaits par le nucléaire et que le nucléaire permet d'éviter chaque année la production de 500 millions de tonnes de CO².