Bruxelles, 30/01/2004 (Agence Europe) - Le Commissaire Pascal Lamy est revenu plus en détail sur les demandes européennes pour une réforme minimale mais urgente du mode de fonctionnement de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), lors d'une intervention mardi devant le groupe Kangourou du Parlement européen. Selon lui, il est impératif, "si l'on veut progresser sur la substance de faire aussi des progrès - au moins pour certaines questions - sur les procédures et les travaux internes de l'OMC".
"Ce que nous voulons, c'est un ensemble d'améliorations modestes, mais faisables, d'ordre organisationnel à l'OMC, qui se focalisent avant tout sur la préparation et la gestion des conférences ministérielles et d'autres moyens d'améliorer l'efficacité des négociations et du processus décisionnel et d'y faire participer tous les membres", a expliqué M.Lamy. Les domaines visés à court terme sont la conduite et la gestion des conférences ministérielles, la facilitation de la participation des membres, notamment les pays en développement les plus petits, l'établissement d'un groupe consultatif chargé de préparer le travail des 148, a-t-il dit, en insistant sur la nécessité de: - veiller, lors des conférences, à faire démarrer les négociations plus tôt que d'ordinaire (c'est "un élément clé", a-t-il dit, en rappelant qu'à Cancun, "nous avons passé quelque 150 heures au total dont seulement 3,5 heures et demie à négocier"); - établir la structure et l'agenda complet des négociations avant les rencontres ministérielles; - décider du nom des facilitateurs (ces personnes chargées de mener des dossiers spécifiques vers des solutions équilibrées); - délimiter clairement le rôle du Président, du Directeur général et des membres; - traiter les défis auxquels sont confrontés plusieurs membres, en particulier ceux qui ne disposent pas de représentant permanent à Genève, pour couvrir les nombreuses questions à l'agenda de l'OMC; - établir (à mi-chemin entre les rencontres formelles à 148 et informelles en « salle verte ») un groupe consultatif avec des représentants qui reflètent la diversité des membres de l'OMC.
"Les questions systémiques, qui sont plus cruciales de mon point de vue" ont dû être renvoyées au plus long terme, "compte tenu de l'appétit limité des autres membres pour des changements dans ce domaine", a dit M. Lamy, avant d'en exposer quelques-unes: - la taille du secrétariat de l'OMC, qui doit être à la mesure de "l'importance des accords qu'il administre et de l'organisation qu'il sert"; - la dimension supranationale à conférer à l'OMC "au moins en terme de processus", ainsi que l'octroi d'un "co-droit d'initiative"; - les pouvoirs formels du Directeur général dont le renforcement est requis "si l'on veut éviter la paralysie"