Bruxelles, 30/01/2004 (Agence Europe) - La 2ème session du dialogue interparlementaire UE-Libye, les 27 et 28 janvier à Bruxelles, s'est conclue par le sentiment général que la Libye souhaite la normalisation de ses rapports et n'exclut pas se joindre au processus de Barcelone mais n'entend pas le faire en l'état. (« nous aurions pu le faire au début, mais certaines parties européennes ont tenu à nous laisser à l'écart »). L'accord de la Libye à une adhésion à la politique EuroMed, à laquelle elle est éligible, serait ainsi conditionné par une amélioration des mécanismes de discussion et de décision, jugés actuellement trop unilatéraux et par des « clarifications » quant à ses objectifs. Le chef de la délégation libyenne, Ahmed Mohamed Ibrahim, vice-président du Congrès du Peuple (qui tient lieu d'instance représentative à défaut de parlement), l'a répété à toutes les occasions de rencontre, aussi bien avec les membres de la délégation parlementaire pour la coopération avec le Maghreb et l'UMA, qui organise la session, qu'avec les membres de la commission des Affaires étrangères du PE ou des groupes politiques. M. Ibrahim a également rencontré le vice-président du PE, Renzo Imbeni. Le groupe du PPE-DE, dont le membre espagnol Gerardo Galeote préside la délégation pour la coopération avec le Maghreb, évalue positivement les résultats de cette rencontre dans un contexte marqué par la levée progressive des sanctions contre la Libye. « Le geste (de venir à Bruxelles, notamment en acceptant de débattre avec la commission des Affaires étrangères) a été bienvenu et apprécié. Il ne faut pas oublier que cela s'est produit à l'initiative de notre famille politique », souligne un autre élu du Partido popular Juan Salafranca, qui salue le « geste de bonne volonté des autorités de la Libye qui ont contribué à faciliter un climat de dialogue franc et ouvert ». C'est, dit-il, un « premier pas en avant, mais il faut persévérer ». Dans ce contexte, « l'annonce de la possible visite du colonel Khadafi à Bruxelles a été jugée très utile » (voir EUROPE du 28 janvier, p. 7).
Les principaux thèmes évoqués au cours de la session interparlementaire comme lors de tous ces entretiens avaient trait à la politique libyenne, intérieure (en particulier en matière de droits de l'homme) et extérieure (Moyen-Orient, Maghreb, Afrique, armes de destruction massive) et ses rapports avec l'UE.
La question des droits de l'homme a été évoquée de façon mesurée, plus sous l'angle du souhait d'une amélioration de la situation interne, par la plupart des interlocuteurs européens. En réponse, le chef de la délégation libyenne a rendu compte « sans complexes » de la situation idéale que constitue, à son avis, l'instauration de la « démocratie directe » telle que définie par le « Livre Vert ». Cet ouvrage conçu par le « guide » libyen Khadafi, a rappelé, offre un modèle que M. Ibrahim suggère aux parlementaires européens et aux journalistes, proposant même de leur en faire parvenir un exemplaire.