Bruxelles, 30/01/2004 (Agence Europe) - La discussion sur le rapport de Per Gahrton (Verts/ALE, suédois) sur la politique de l'Union européenne à l'égard du Caucase du Sud risque de raviver les virulentes polémiques de 1987 à propos du génocide arménien de 1915.
La Fédération euro-arménienne pour la justice et la démocratie salue dans un communiqué les amendements adoptés en commission des Affaires étrangères au projet de rapport Gahrton car, dit-elle, ils rééquilibrent un texte qu'elle considérait au départ nettement biaisé au détriment de l'Arménie (voir EUROPE du 27 janvier, p.8). La Fédération salue l'adoption d'un amendement du rapporteur qui demande à la Turquie de "se conformer à son statut de candidat, d'établir des relations de bon voisinage, de lever ses restrictions sur le commerce avec l'Arménie et de rouvrir progressivement sa frontière terrestre avec ce pays". En particulier, la Fédération se félicite que le PE réitère la position qu'il avait prise dans sa résolution du 18 juin 1987 "sur une solution politique de la question arménienne"( demandant au gouvernement turc de reconnaître le génocide de 1915: voir plus loin). "C'est une victoire sur toutes les forces qui tentent en Europe d'imposer le silence sur l'importance de la question du génocide dans les critères d'adhésion", commente Hilda Tchoboian, présidente de la Fédération.
Rappelons que le Parlement européen, lors de son vote du 18 juin 1987, avait adopté (par 68 oui, 60 non et 42 abstentions), un amendement de René Piquet et d'autres communistes demandant au gouvernement turc de reconnaître le "génocide", alors que le texte initial de la commission politique parlait seulement "d'injustice". En même temps, le Parlement avait adopté (par 144 oui, 4 non et 30 abstentions) un autre amendement affirmant que "la Turquie actuelle ne serait être tenue pour responsable du drame vécu par les Arméniens de l'Empire ottoman", et avait précisé que "la reconnaissance de ces événements historiques en tant que génocide ne peut donner lieu à aucune revendication d'ordre politique, juridique ou matériel à l'adresse de la Turquie d'aujourd'hui". (Voir EUROPE du 20 juin 1987, pages 3 à 6). A l'époque, le gouvernement turc avait rejeté "avec indignation" la résolution).