Bruxelles, 15/10/2003 (Agence Europe) - Le Vert autrichien Johannes Voggenhuber, membre du PE et ancien membre de la Convention européenne, a lancé un appel en faveur d'une "alliance" entre les parlements nationaux des actuels et futurs pays membres pour faire bloc à la "tragédie" qui est en train de se dérouler au sein de la CIG où les gouvernements, au lieu de respecter le consensus raisonnable issu de la Convention, "sont en train de faire marche arrière pour faire du Traité de Nice la base de leurs travaux". "Le processus constitutionnel de l'UE devient un « grand bazar » où les gouvernements sont en train d'accroître leurs propres pouvoirs" au détriment du contrôle parlementaire, de la transparence et de la légitimité démocratique, a estimé M.Voggenhuber mercredi devant la presse. Les gouvernements, a-t-il dit, sont visiblement prêts à négliger le travail historique et fondamental de la Convention, comme le confirme déjà l'abolition (sans véritable discussion) du Conseil législatif, « pourtant un élément tout à fait central » du projet de texte, une "grande idée européenne" qui aurait introduit dans le Traité la séparation des pouvoirs et la justification publique des décisions législatives, en toute transparence. "Maintenant que les princes électeurs ont pris les choses en main, la Convention doit se taire, elle n'existe plus", a constaté M.Voggenhuber. Pour éviter cette "dérive" de la CIG, il sera indispensable que les parlements nationaux (dont les représentants à la Convention se sont tous battus très activement pour le projet de Traité constitutionnel, et beaucoup parmi eux auraient souhaité aller encore plus loin) s'organisent dans les prochaines semaines - éventuellement avec les gouvernements des six pays fondateurs de l'UE - pour former une alliance contre l'enterrement du projet de texte de la Convention derrière les "portes fermées de la CIG". Certaines initiatives dans ce sens sont en train de prendre forme, mais il est encore trop tôt pour en parler, a noté M.Voggenhuber, qui s'est néanmoins dit confiant que les parlements nationaux parviendront à expliquer à l'opinion publique "que ce sont les parlements nationaux, et pas les gouvernements, qui sont les maîtres des Traités", car ce sont eux qui devront ratifier le futur Traité qui sortira de la CIG. Les parlements nationaux ne devraient pas hésiter à menacer de refuser de ratifier un Traité incompatible avec le projet de texte élaboré par la Convention, avertit le député.