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Bulletin Quotidien Europe N° 8564
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/conseil europeen/commission

M.Prodi attend du sommet une véritable "road map" pour les projets transeuropéens prioritaires et le feu vert à la création de l'agence pour le contrôle des frontières - CIG: ne pas "s'enliser dans une lutte de pouvoir sur les questions institutionnelles"

Bruxelles, 15/10/2003 (Agence Europe) - Romano Prodi a dit mercredi à la presse qu'il attend, du sommet de Bruxelles, avant tout, qu'il parvienne à un accord sur"certaines interventions clés pour donner une nouvelle vigueur à l'économie européenne". Mon principal intérêt est que les leaders européens appuient l'Initiative pour la croissance que j'ai lancée au début de l'année, a-t-il répété, en avertissant: "une chose est certaine: on n'a pas fait assez (...). Naturellement, je n'attends pas de ce Conseil européen qu'il règle tous les problèmes, mais il peut aplanir la voie (...). Nous devons comprendre que les promesses ne servent pas à construire des routes, et que pour obtenir un niveau d'excellence dans la connaissance et la technologie, il faut des investissements". La proposition de la Commission est une véritable "road map" comportant "les mécanismes de réalisation et les solutions institutionnelles" et, si elle est concrétisée correctement, elle "donnerait une impulsion immédiate à la croissance", affirme-t-il. La nouvelle liste de projets prioritaires pour les réseaux transeuropéens est vraiment une liste de priorités "européennes", souligne le Président de la Commission, qui assure: "nous avons écarté tout critère purement national et égoïste". Il faut décider maintenant par quels projets commencer"tout de suite", et "je soulèverai ce point demain", déclare M.Prodi, qui rappelle que le sommet de décembre prochain est "la dernière échéance" pour décider quels projets "à mettre en chantier plus rapidement". Je veux une véritable road map, avec des "phases concrètes", a-t-il martelé, en insistant sur la nécessité d'assurer le financement des projets (nous travaillons avec la BEI, dont les possibilités sont sans doute limitées, mais "pas négligeables", a-t-il précisé).

Pour la recherche et la technologie, M.Prodi insiste aussi sur "des décisions concrètes sur des sujets précis". "J'en parlerai demain en vue d'une conclusion au Conseil européen de décembre", anticipe-t-il, en estimant que "là aussi, nous avons besoin d'une road map"; en outre, "nous devons nous préparer à la recherche liée au secteur de la sécurité" et progresser de manière convaincante vers l'objectif du 3% du PIB pour la recherche, le développement et l'innovation.

Quant à la CIG, M.Prodi appuie la Présidence italienne qui souhaite pouvoir la clôturer en décembre, et exhorte: "l'important, c'est que l'Europe ne s'enlise pas dans une lutte de pouvoir sur les questions institutionnelles: ce ne sont pas les thèmes qui peuvent émouvoir l'opinion publique, et nous devons déjà tourner le regard vers les prochains référendums". Les objectifs de la Commission sont connus, a remarqué M. Prodi, en citant: "une Commission pleinement politique, en mesure d'agir et où chaque Commissaire participe sur un pied d'égalité absolue" .Une majorité d'Etats s'orientent vers un collège avec un Commissaire par pays (comme la Commission), a-t-il remarqué. En répondant à une question, il a par ailleurs noté: "si un petit pays envoie un Commissaire très bon et très fort, il aura un portefeuille fort...". Sollicité par un autre journaliste, il a assuré qu'il a pris la Convention "au sérieux": "c'est pourquoi nous avons proposé des changements très limités" à son projet, a-t-il expliqué, en lançant: "c'était impensable qu'il n'y ait pas du tout de propositions de modification" du texte de la Convention. Pour le système de vote au Conseil, M.Prodi rappelle que la Commission a toujours appuyé, avant que d'autres le fassent, un "mécanisme simple à double majorité", celle des Etats et de la population; mais,"finalement", elle peut accepter la proposition de la Convention (60% de la population). Selon M. Prodi, il s'agit d'un "élément essentiel pour l'équilibre des pouvoirs; les autres systèmes risqueraient de créer une institution où les Etats membres auraient une représentation boiteuse". Interrogé sur la suggestion que pourrait faire l'Espagne de porter de 60 à 66% le pourcentage pour la majorité de la population, M.Prodi a répondu: j'avais préféré "50 + 1 et 50 + 1, je préfère une majorité permettant de décider plus facilement ; c'est clair qu'une majorité de 60% est mieux qu'une majorité de 66%, mais comme on dit chez moi (près de Reggio Emilia: NDLR), il vaut mieux sucer un os qu'un bâton". Sur la question de la pondération des voix, finira-t-on par devoir affronter, le 13 décembre prochaine, une"deuxième nuit de Nice?". Réaction de M.Prodi, en français: "il y a encore beaucoup de nuits avant décembre (...). Le moment de la médiation n'est peut-être pas encore arrivé, j'espère qu'il ne viendra pas à la dernière minute".

Enfin, M.Prodi a dit attendre du Sommet pour lutter contre l'immigration clandestine, le feu vert à la création d'une Agence pour améliorer les contrôles aux frontières, sur laquelle la Commission fera une proposition détaillée début novembre. Et il a insisté une fois de plus: dans la phase successive, l'UE devra se concentrer sur l'immigration légale, et "ce n'est pas un luxe, parce que l'immigration contribue de manière décisive à la croissance économique de l'Europe".

Questionné sur la décision de l'Allemagne de se faire représenter par la France au sommet vendredi matin (voir p.4), M.Prodi s'est exclamé: "c'est un fait extrêmement positif, j'espère que ça se répètera, c'est un nouveau pas vers le dépassement du nationalisme étroit". Et, si le fait qu'il s'agisse de France et Allemagne peut "susciter quelques interrogations", il est clair que tout autre Etat membre pourra en faire autant sans que "personne n'ait rien à objecter".

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