Copenhague, 13/12/2002 (Agence Europe) - Les dirigeants du Parti Populaire Européen, réunis jeudi après-midi en Sommet à Copenhague, n'ont pu que constater leurs divergences sur la Turquie. Si les premiers ministres français, espagnol, italien et portugais souhaitent donner à la Turquie un "pronostic" pour le lancement des négociations d'adhésion, les Allemands de la CDU-CSU, et, dans une moindre mesure, les Néerlandais, les Luxembourgeois et les Autrichiens y sont opposés (voir EUROPE d'hier, p. 5).
Le président du PPE, Wilfried Martens, n'a donc pas réussi à faire adopter aux dirigeants du parti désormais majoritaire dans l'Union européenne une déclaration sur l'attitude à adopter vis-à-vis de la Turquie. "Vous connaissez les nombreuses opinions au sein du PPE", a-t-il déclaré à la presse à l'issue de la rencontre. "La Turquie est acceptée comme pays candidat par l'Union européenne, nous l'acceptons", a-t-il ajouté, tout en notant que les membres allemands du PPE "considèrent que cela a été une erreur" à Helsinki, en 1999, de reconnaître ce statut à la Turquie alors qu'elle ne remplissait pas les critères politiques. Tous sont donc, officiellement au moins, d'accord sur ce statut de candidat, et sur le fait qu'il faudra évaluer de près la mise en oeuvre des réformes et le respect des critères avant d'accepter de lancer les négociations. A partir de là, les positions divergent.
Le Sommet du PPE s'est concentré sur cette question. "Nous n'avons parlé que de la Turquie, alors qu'il y avait tant d'autres sujets à aborder", constatait le secrétaire général du PPE, Antonio Lopez, qui aurait bien voulu "faire passer le message qu'il s'agit du sommet de l'élargissement et pas de la Turquie". En s'adressant quelques instants à la presse, Edmund Stoiber le candidat malheureux de la CDU-CSU au poste de chancelier allemand, n'a pas voulu évoquer la question d'une date, indiquant qu'il fallait avant toutes choses que la Turquie remplisse les critères d'adhésion. Toujours à propos de la Turquie, Wilfried Martens a noté "qu'un premier ministre" avait parlé "d'un coût de 20 à 30 milliards d'euros par an" si elle adhérait à l'Union.
La seule déclaration adoptée par les dirigeants du PPE a porté sur la sécurité maritime. Ils "déplorent profondément" les conséquences du naufrage du "Prestige", apportent leur soutien aux volontaires qui vont nettoyer les plages, "expriment leur volonté à employer tous les instruments financiers à la disposition de l'Union européenne pour aider à limiter les conséquences socio-économiques de la catastrophe", et soulignent qu'il faut faire en sorte que de pareilles catastrophes ne puissent pas se reproduire.