Bruxelles, 22/05/2002 (Agence Europe) - A l'issue de sa visite à la Commission européenne, le 22 mai, le Premier ministre finlandais Paavo Lipponen, interrogé par la presse, a affirmé qu'il appuyait la "démarche générale" suivie par la Commission européenne dans son document à l'intention de la Convention européenne car, a-t-il dit: nous avons besoin d'une politique étrangère et de sécurité plus efficace, d'une réelle politique de l'immigration et d'asile (il a espéré que le Sommet de Séville fera des progrès en cette matière) et d'un renforcement de la coordination des politiques économiques. C'est "un grand jour pour la Commission", a-t-il estimé, en notant que l'Union, qui combine des "éléments fédéralistes" et des éléments intergouvernementaux, doit se développer en maintenant l'égalité entre Etats membres . L'Union que nous envisageons est "loin d'être un super-Etat", elle veut être une Union capable de protéger les intérêts à long terme de tous, et dans laquelle les petits Etats sont des "égaux", a assuré Romano Prodi. Et, sans vouloir entrer dans le détail de la communication de la Commission, il a estimé que la forme que prendra la représentation extérieure de l'Union devra assurer qu'on "représente réellement l'intérêt général", alors que M. Lipponen a, en évoquant les différentes idées sur "comment combiner le rôle du Haut Représentant pour la PESC et du Commissaire aux relations extérieures", souligné: "le principal, c'est que la Commission joue pleinement son rôle dans les relations extérieures, alors que la situation, aujourd'hui, n'est pas tout à fait satisfaisante".
Quant à la possibilité de désigner à l'avenir un ancien chef d'Etat et de gouvernement qui présiderait le Conseil européen pour une période de deux ans et demi à cinq ans, par exemple (voir EUROPE d'hier, p.6, à propos du discours de José Maria Aznar), M. Lipponen a reconnu qu'il faudra réexaminer le système de rotation semestrielle de la présidence. Cependant, a-t-il précisé, c'est une affaire que doivent examiner la Convention, puis la CIG, alors que la réforme du Conseil discutée dès à présent porte sur "des choses que nous pouvons faire sans changer le traité". Nous devons "réfléchir très attentivement" sur l'idée d'un Président du Conseil européen à plus long terme, et si ceci signifie qu'on "déclasse la Commission et son Président, ce sera très dur à avaler", a admis M. Lipponen.
Par ailleurs, M. Lipponen a félicité la Commission d'être "pro-active à l'égard des Etats membres": certains pays ont des difficultés spécifiques, par exemple en matière industrielle, et la rencontre du chancelier Schröder avec des membres de la Commission était très importante et a offert de "meilleures perspectives" de régler ce type de problèmes, a estimé le Premier ministre finlandais. Dans ma rencontre avec la Commission, j'ai évoqué la manière de "faire face à certains problèmes" qui peuvent se poser aussi à notre pays, a-t-il ajouté. Et, en notant que le développement durable est maintenant intégré dans le processus de Barcelone, il a estimé qu'il faut examiner tous les aspects de ce processus d'une "manière plus large" - y compris en ce qui concerne le problème de l'industrie chimique, a-t-il noté.
M. Lipponen a par ailleurs répondu à des questions sur:
l'absence de directeurs généraux finlandais à la Commission. J'ai indiqué que la Finlande doit être traitée d'une manière "équitable" dans le recrutement à la Commission, a signalé M. Lipponen, alors que le Président Prodi a dit qu'il n'avait aucun problème à "le répéter": la Commission est "clairement engagée à corriger les déséquilibres géographiques" qui peuvent exister à cet égard, et "la Finlande fait partie de cet engagement".
le siège de l'Agence européenne de sécurité alimentaire. L'affaire est entre les mains du Conseil européen, a rappelé M. Lipponen, qui a espéré que la Présidence espagnole "verra la question de manière plus large" et s'efforcera de trouver une solution pour Séville (Paavo Lipponen rencontrera José Maria Aznar les 2 et 3 juin à Helsinki). Nous ne renonçons pas à la candidature d'Helsinki, a-t-il confirmé, en souhaitant que les grands pays de l'UE, et les "anciens membres", respecteront les principes d'équilibre énoncés à ce sujet aux sommets d'Edimbourg et de Göteborg. Je n'a pas entendu dire que l'Espagne a renoncé à la candidature de Barcelone, a-t-il dit en répondant à une question.
les Palestiniens de l'église de la Nativité accueillis dans plusieurs pays européens. La Finlande n'aurait pas pu les recevoir, car sa législation n'aurait pas permis de contrôler leurs mouvements, a indiqué M. Lipponen en répondant à une question.