Madrid, 22/05/2002 (Agence Europe) - La XVIIIème conférence ministérielle du dialogue de San José entre l'Union européenne et l'Amérique centrale a adopté le 18 mai à Madrid un nouvel "agenda" de dialogue entre les deux régions et confirmé le lancement d'un accord de coopération et de dialogue politique, qui pourrait préparer un accord de libre-échange, souhaité par les pays centraméricains mais suscitant des réserves européennes. "Nous avons décidé de relancer ce dialogue dans un nouvel agenda qui contient une analyse de la situation de la démocratie, de la promotion des droits de l'homme, de l'Etat de droit, de la bonne gouvernance, de la société civile et de tout ce qui peut améliorer l'intégration régionale et améliorer les relations économiques et commerciales", a annoncé Josep Piqué. Concrètement, les deux parties devraient se réunir tous les ans au niveau ministériel et au niveau des commissions et sous-commissions de coopération, a indiqué le Président du Conseil de l'UE.
Les deux parties se sont engagées à négocier un accord de coopération et de dialogue politique qui préparera la négociation d'un accord de libre-échange, "sur la base des résultats du programme de travail de Doha qu'elles se sont engagées à conclure au plus tard en 2004". "Je ne me sens pas frustré" par cette solution de compromis, a assuré Norman Caldera, ministre des Affaires étrangères du Nicaragua, qui assure la présidence du marché commun centraméricain. Cette formule permettra d'associer les deux régions "sans traumatisme", a-t-il estimé en ajoutant: "L'UE a ses priorités qui sont liées à l'agenda de Doha. Ce que nous avons convenu aujourd'hui est une fenêtre d'opportunité dont nous devons profiter (...). Ce serait irresponsable de commencer des négociations avec l'UE sans être capables de tenir les engagements. Rappelant que la région a conclu des accords de libre-échange avec le Mexique et la République dominicaine, et a entamé des négociations avec le Panama, les Etats-Unis et le Canada, M. Caldera a remarqué que "Napoléon disait qu'il ne menait jamais plus d'une bataille à la fois et lorsqu'il ne l'a pas fait, il a perdu". L'UE et l'Amérique centrale doivent "rénover leur agenda de négociation et l'adapter aux nouvelles nécessités liées aux réalités internes de chaque région", a souligné le ministre espagnol des Affaires étrangères, Josep Piqué. Le président du Nicaragua, Enrique Bolaños, a rappelé qu'en 2002 les pays centraméricains "ont signé un accord pour le règlement des différends et un traité de libre-échange dans le domaine des services et de l'investissement, comparable à l'accord sur les services entre les pays scandinaves". En outre, a-t-il précisé, "nous sommes engagés à conclure un accord dans le domaine de l'agriculture et à établir un tarif extérieur commun le 1er janvier 2003, ainsi qu'une administration douanière commune au 1er janvier 2004". "Nous arriverons à la date (de 2004) préparés pour commencer la négociation", a-t-il indiqué à l'agence EFE. "Un accord d'association UE/Amérique centrale incluant la concertation politique, la coopération et surtout le libre-échange, permettra à l'Europe, premier allié du processus de pacification, de la démocratisation et de développement de la région, de maintenir son statut d'associé de la région", a souligné le président nicaraguayen. Le Président du Costa-Rica, Abel Pacheco, s'est déclaré également satisfait, en soulignant le "changement inespéré d'attitude de l'UE", qui a accepté de commencer "peut-être" à parler, alors qu'elle avait jusqu'ici affiché "un non franc et massif." Le Président Jacques Chirac avait remarqué la veille, que les pays centraméricains "devront être prêts à faire des concessions et pourraient y perdre", alors qu'ils disposent aujourd'hui d'un accès au marché européen dans le cadre des concessions unilatérales du système de préférences généralisées.