Bruxelles, 22/03/2002 (Agence Europe) - Le Parlement européen a discuté dans un hémicycle très dégarni, pendant sa session extraordinaire du 20 mars à Bruxelles, les grandes lignes de la stratégie politique de la Commission européenne pour 2003, que le Président Prodi lui avait déjà présentées le 27 février, également à Bruxelles (voir EUROPE du 28 février, p.8). La vice-présidente de la Commission Loyola de Palacio a indiqué en particulier que la Commission va travailler avec les futures Présidences grecque et italienne afin de programmer les travaux à moyen terme, et a répété qu'elle aura besoin de ressources humaines supplémentaires pour réussir l'élargissement (le chiffre de 500 agents temporaires supplémentaires est un véritable minimum, a-t-elle dit). La Présidence espagnole est disponible pour analyser en profondeur les implications budgétaires des priorités de la Commission « au moment opportun », a assuré le Secrétaire d'Etat Ramon de Miguel.
Au cours du débat qui s'est déroulé en fin de journée, le conservateur britannique James Elles s'est félicité de ce qu'un tel débat, pour la première fois, ait lieu « si tôt dans la procédure budgétaire », ce qui devrait permettre de faire « mieux coller » les décisions budgétaires et le processus législatif. « Un vent nouveau souffle dans le processus législatif », s'est exclamée la libérale démocrate britannique Diana Wallis, se réjouissant de ce que le nouveau document de la Commission européenne ne soit pas une simple « liste pour faire le marché », comme souvent par le passé. Le social-démocrate autrichien Hannes Swoboda a noté pour sa part que 2003 sera une année cruciale pour l'élargissement, mais que l'UE devra développer des « visions » sur le renforcement de ses relations avec d'autres pays qui, comme la Russie, n'envisagent pas d'adhérer à l'Union. Le conservateur britannique Struan Stevenson a salué pour sa part la perspective d'une réforme radicale de la PAC, et a souhaité une réforme tout aussi radicale de la politique de la pêche, en estimant que le maître-mot de cette réforme devrait être « dévolution ». L'élue des Democratici di sinistra Elena Paciotti a posé le problème de la dimension "justice" dans l'espace de liberté, sécurité et justice, en plaidant pour l'intégration d'Europol dans le cadre institutionnel communautaire: selon elle, la Commission européenne pourrait faire utilement des propositions à ce sujet à la Convention sur l'avenir de l'Europe). L'élu de la CDU Klaus-Heiner Lehne a insisté enfin sur la réalisation d'un véritable marché unique, en ironisant: ce document sur la stratégie de la Commission suscite mon admiration pour des fonctionnaires qui réussissent encore une fois à écrire tant de pages qui ne contiennent pas grand chose de concret, a-t-il lancé, mais il a ajouté, s'adressant à Loyola de Palacio: ceci ne concerne pas les dossiers de votre compétence, Madame la Commissaire….