Zaragoza, 22/03/2002 (Agence Europe) - Les Etats membres doivent développer leurs capacités de défense, ont reconnu les ministres européens de la Défense, réunis vendredi et samedi en Conseil informel à Zaragoza. Avant d'aborder, samedi, la question d'une intervention militaire européenne en Macédoine, les ministres se sont consacrés vendredi aux capacités militaires européennes, aux relations UE/OTAN et à la lutte contre le terrorisme. En attendant leur réunion formelle du 14 mai à Bruxelles, les ministres préparaient un projet de déclaration pour le Sommet de Séville sur le rôle de la PESD dans la lutte contre le terrorisme, qui passera par la coopération des services de renseignement, la coordination des systèmes de lutte contre les armes de destruction massive nucléaires, chimiques et bactériologiques, la protection du ciel européen et la protection des forces militaires lors de missions humanitaires, a annoncé le président du Conseil, Federico Trillo.
A quelques mois du lancement de la force de réaction européenne, le 1er janvier 2003, le Haut représentant pour la PESC, Javier Solana, et le secrétaire général de l'OTAN, George Robertson, ont plaidé pour que les Etats membres investissent davantage et mieux dans la défense. « Les dépenses militaires européennes ont diminué depuis les années 90, atteignant 2% du PNB », a rappelé Javier Solana. « Nous devons aussi dépenser nos ressources plus efficacement », a-t-il estimé, en soulignant que « pour une dépense qui représente la moitié du budget de défense des Etats-Unis, les Européens sont loin d'avoir la moitié de leurs capacités ». Le secrétaire général de l'OTAN avait déclaré la veille, lors d'une conférence à Prague, que « trop de gouvernements de l'OTAN dépensent trop peu dans la défense et beaucoup gaspillent ce qu'ils dépensent pour des capacités qui ne contribuent en rien à leur propre sécurité, à la sécurité de l'Europe ou à nos intérêts collectifs ». « Nous sommes à un point où les Etats membres doivent prendre des décisions sur des solutions techniques pour combler les lacunes », a fait valoir Javier Solana. La mobilité stratégique, les communications et les systèmes d'information constituent des priorités, a-t-il rappelé. « Pour répondre aux crises actuelles, nous avons besoin d'une meilleure défense nationale, d'une meilleure intelligence, de forces de police déployables plus facilement et d'un contrôle plus efficace du blanchiment d'argent », avait déclaré Lord Robertson. « Il existe aussi des domaines où l'on peut épargner: dans le monde actuel, nous avons moins besoin de conscrits inutilisables, de petites armes lourdes (…) ou de quartiers généraux fixes », a-t-il précisé.
Federico Trillo a rappelé, dans un interview à « El Periodico de Aragon » que « nous avons un catalogue de capacités militaires, un état major, un Comité militaire, mais tout ce qui concerne l'utilisation des structures de commandement, de planification et de communication, est pensé pour ne pas faire double emploi avec les capacités existantes à l'OTAN. Toute l'efficacité de la politique européenne de défense dépend de cet accord ». Rappelant que les présidences suivantes seront assurées par le Danemark, qui est en dehors de la PESD, puis la Grèce, qui bloque la conclusion d'un accord avec l'OTAN sur la base du compromis défini avec la Turquie, le ministre espagnol a espéré que « l'atmosphère de Zaragoza » permettra de trouver rapidement une solution. Parallèlement à la réunion de Zaragoza, des discussions techniques avec la Grèce se tenaient à Madrid.