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Bulletin Quotidien Europe N° 8178
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) pe/sommet de barcelone

Chaque député trouve dans les conclusions de Barcelone des raisons de s'inquiéter ou de se réjouir -Députés et présidence du Conseil évoquent les manifestations dans les rues de Barcelone

Bruxelles, 22/03/2002 (Agence Europe) - Le débat du Parlement européen de mercredi après-midi sur le Sommet de Barcelone (voir EUROPE du 21 mars, p.6) a permis aux députés, au fil des heures, de plonger dans les détails des conclusions du Conseil européen pour en brandir, en fonction de leur sensibilité politique et de leurs intérêts spécifiques, ce qui les choque ou les enchante. Les critiques ne sont pas toujours venues d'où pouvait l'attendre une Présidence de centre-droit: ainsi, l'élue de la CSU Ursula Schleicher a accusé les chefs d'Etat de gouvernement de s'être appropriés à Barcelone de tâches qui incombent aux Etats membres et d'avoir recouru trop largement à la méthode de « coordination ouverte » qui est « profondément antidémocratique ». D'autres députés sont intervenus sur des questions qui n'étaient pas au centre des délibérations de Barcelone, comme Avril Doyle (PPE, irlandaise) qui a évoqué la question de la ratification du Traité de Nice dans son pays, en espérant que le gouvernement irlandais trouvera « suffisamment de temps pour expliquer en profondeur et sincèrement » aux électeurs ce que signifie le traité, avant un deuxième référendum. L'Irlande « n'a jamais été neutre », elle est un pays non-aligné qui prend ses décisions de politique étrangère au cas par cas, s'est insurgée l'élue du Fine Gael à propos d'un des arguments qui ont fait gagner le « non » au référendum irlandais de 2001. La plupart des députés italiens intervenus ont condamné l'assassinat, mardi à Bologne, de Marco Biagi, le conseiller du ministre Maroni (et ancien conseiller de Romano Prodi, alors Premier ministre italien: voir EUROPE du 21 mars, p. 4): c'est le cas, en particulier, de l'élu de Forza Italia Antonio Tajani (qui, comme d'autres Italiens, s'est prononcé pour la création d'une véritable banque euroméditerranéenne, et pas d'une simple "facilité" de la BEI) et du député de la Lega Nord Mario Borghezio, qui a expliqué que ce « martyr du travail » avait oeuvré justement pour des réformes allant dans le sens du processus de Lisbonne. La socialiste belge Kathleen van Brempt a, pour sa part, regretté que Barcelone, qui devait être « le sommet de la libéralisation, soit finalement le sommet de la prolongation des années passées au travail », alors qu'elle a salué les conclusions sur la fiscalité de l'énergie (un objectif que nous devons chérir, a-t-elle dit).

Le socialiste espagnol Raimon Obiols a estimé quant à lui que le grand nombre de manifestants pacifiques qui a envahi les rues de Barcelone pendant le Sommet confirme la naissance d'une nouvelle société civile européenne (et il s'est étonné d'entendre M. Aznar dire de son propre discours, ne réalisant pas que son micro était ouvert: quelles bêtises je viens de raconter !). Enfin, un incident a éclaté entre le Basque Koldo Gorostiaga, qui a qualifié l'élu du Partido popular Jose Ignacio Salafranca de « porte-parole des tortionnaires espagnols », et M. Salafranca qui lui a rétorqué en l'accusant de défendre « ses amis de la bande terroriste ETA ».

En conclusion du débat, le Secrétaire d'Etat Ramon de Miguel a répliqué à ceux qui critiquaient les résultats de Barcelone en assurant que la véritable essence du processus de Lisbonne demeurait l'équilibre entre ses différentes composantes. Quant aux Européens qui descendent dans la rue, il a noté qu'ils ne sont pas les seuls à avoir leur mot à dire. La vice-présidente de la Commission européenne Loyola de Palacio s'est exprimée dans des tons analogues, en notant que la légitimité politique se trouve dans les parlements et dans les gouvernements élus, même si les gouvernement doivent écouter aussi ceux qui manifestent (à Barcelone, pacifiquement presque jusqu'à la fin, a-t-elle remarqué). Parmi les résultats positifs du sommet, la Commissaire à l'Energie et aux Transports a cité les conclusions sur la fiscalité de l'énergie, une question vitale pour notre modèle de développement, a-t-elle dit.

A l'issue de son débat, le Parlement a adopté une longue résolution (40 points) présentée par les groupes PPE-DE, socialiste et de l'Union pour l'Europe des nations dans laquelle il se félicite du „résultat général" du Sommet, tout en insistant sur la nécessité de maintenir l'équilibre entre les différentes dimensions du processus de Lisbonne, et de faire des efforts accrus pour mettre en oeuvre la stratégie de développement durable. La résolution appelle aussi à une pleine association du Parlement européen dans le suivi du processus de Lisbonne et de Göteborg et soutient, face au vieillissement de la population, une accélération de la réforme des régimes de retraites. Le Parlement, qui salue la participation des pays candidats à la première journée de travail du Conseil européen de Barcelone, souhaite que la Commission ajoute ces pays à son document de synthèse sur la stratégie de Lisbonne pour l'année prochaine. Concernant les marchés de l'énergie, le Parlement dit attendre du prochain Conseil européen qu'il arrête une date pour l'ouverture du marché de l'énergie pour les ménages, après les décisions prises pour les professionnels. Quant à l'amélioration des méthodes de travail des institutions, le Parlement demande en particulier d'être pleinement associé aux travaux conduits par le Conseil et la Commission selon la „méthode ouverte de coordination" (lancée au sommet de Lisbonne en mars 2001), dans des domaines comme les pensions, les soins de santé et l'éducation, et dit attendre „avec impatience la mise en place d'un groupe de travail interinstitutionnel sur la simplifiction administrative, avant la présentation du plan d'action de la Commission" à ce sujet.

Sur le plan politique, le Parlement salue en particulier la déclaration du Sommet sur le Proche-Orient, qui, constate-t-il, coïncide avec son propre diagnostic sur la gravité de la situation, et presse les autorités israéliennes et palestiniennes d'entamer des négociations sur la base de la résolution 1397 du Conseil de sécurité et de la récente initiative du prince héritier saoudien.

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