Bruxelles, 21/03/2002 (Agence Europe) - A l'issue de deux semaines de consultations intensives avec les Etats membres, le Parlement européen et le secteur, la Commission européenne a finalisé, ce jeudi, le dispositif défensif qui sera mis en place sans délai afin de dissuader les exportateurs sidérurgiques éconduits depuis mercredi par les Etats-Unis de détourner leurs invendus vers le marché unique. Les Etats membres ont été unanimes à le soutenir, mais semblent toutefois moins enthousiastes concernant la mise en oeuvre de mesures de rétorsion au cas où l'UE n'obtiendrait pas de compensations de Washington.
Les mesures de sauvegarde, qui reposeront essentiellement sur un contingentement global, resteront provisoirement en place pendant six mois (voir EUROPE d'hier, p.5). Elles pourront toutefois rester en vigueur au-delà de cette échéance, avec l'adoption formelle d'un règlement à plus long terme par le Conseil des ministres statuant à la majorité qualifiée. Mercredi, le Représentant américain au commerce Robert Zoellick a espéré que l'Union ne se hâterait pas d'imposer ses propres restrictions à l'importation. D'autant que les Etats-Unis sont disposés à discuter de compensations avec d'autres pays pour les pertes commerciales causées par leurs mesures, "s'ils présentent une proposition raisonnable", a-t-il dit. M.Zoellick a estimé qu'une action destinée à préserver la salubrité du marché européen avant qu'une flambée des importations n'ait été discernée "mérite quelque peu que l'on s'interroge". "L'UE devrait au moins attendre et voir" si les livraisons d'acier étranger ont effectivement augmenté" mais elle pourrait bien, selon lui, "ne pas le faire".