Bruxelles, 21/03/2002 (Agence Europe) - Le Président du groupe PPE-DE au Parlement européen, Hans-Gert Pöttering, a exprimé jeudi devant quelques journalistes sa "préoccupation" pour les positions prises dernièrement par le chancelier Schröder en matière européenne. Le chancelier "ne comprend pas l'essence de la politique d'unification européenne", a déploré l'élu européen de la CDU, en citant en particulier la phrase " traîtresse" prononcée par Gerhard Schröder à propos de l'avertissement que la Commission européenne voulait lancer à l'Allemagne sur son déficit public ("il faut aussi caresser une vache qui donne du lait"). Son attitude oscille entre "la folie des grandeurs et la bouderie", a renchéri M. Pöttering, en reprochant au chancelier Schröder de ne pas se voir "comme un égal parmi des égaux", mais, exiger "un traitement particulier". La preuve en est la manière de laquelle il traite la Commission européenne, souligne en particulier M. Pöttering, en martelant: "il ne comprend pas du tout" ce que sont les tâches de la Commission. A un journaliste qui l'interrogeait sur les critiques adressées en particulier aux Commissaires Wallström et Bolkestein, par M. Schröder à Barcelone, M. Pöttering a répliqué qu'on a le droit de critiquer la Commission sur certains points, mais qu'il faut le faire en pleine conscience du rôle de la Commission. Quant à l'idée lancée à Barcelone de tenir une rencontre Prodi-Schröder avant chaque sommet européen, M. Pöttering se demande: si tous les chefs de gouvernement veulent la même chose, que va faire le Président de la Commission? Selon M. Pöttering, qui a rappelé en passant qu'il voit Romano Prodi deux fois par mois, la Commission deviendrait alors "un cirque ambulant" et s'exposerait au "ridicule". M. Pöttering a aussi critiqué le gouvernement allemand parce que "l'entente franco-allemande n'est pratiquement plus existante", alors qu'elle est capitale pour les progrès de l'unification européenne et, tout en reconnaissant qu'une part de la responsabilité se trouve aussi à Paris, il a espéré que tout le monde s'efforcera de "remettre les choses en ordre", en rétablissant l'indispensable climat de confiance.
M. Pöttering, qui a regretté que l'attitude "positive" de Joschka Fischer ne suffise pas à compenser l'absence d'une "claire orientation" de la politique européenne du chancelier Schröder, s'est prononcé par ailleurs pour l'établissement au sein des gouvernements de l'UE de ministres aux Affaires européennes qui se réuniraient "très fréquemment" à Bruxelles et qui constituerait un "Conseil des ministres aux Affaires européennes" qui prendrait les décisions législatives (et qui le ferait en public, au début de la procédure et lors de la prise de décision, alors que les négociations entre ces deux étapes ne seraient pas publiques). Le chancelier Schröder envisage aussi une telle possibilité, mais il la voit "en termes de pouvoirs" au sein de son gouvernement (ce ministre pourrait être installé au Kanzleramt: NdlR), alors que je la vois comme "une question de contenu", a dit M. Pöttering.