Bruxelles, 21/03/2002 (Agence Europe) - Les ministres des Sports de l'UE et les représentants des fédérations sportives, réunis le 20 mars à Bruxelles sous la présidence de Juan Antonio Gomez Angulo (voir EUROPE du 20 mars, p.11), n'ont pu se mettre d'accord sur les conditions du financement de l'Agence mondiale antidopage (AMA), malgré les efforts de la Présidence espagnole pour rapprocher les positions de l'UE et de l'Allemagne. La Présidence a proposé que le financement de l'UE soit canalisé, pour 2002, par le Conseil de l'Europe, ce qui a été accepté par toutes les délégations. "Il s'agit d'une solution provisoire, transitoire. Les Etats membres ont déjà dégagé des fonds (...). Pour l'avenir, nous attendons la décision de la Commission", a déclaré M. Gomez Angulo. Le ministre allemand de l'intérieur Otto Schily (qui a récemment souhaité que la Commission prenne rapidement le relais des Etats membres pour le financement de l'AMA) a déclaré: "Je suis pour la proposition espagnole, mais j'attends parallèlement que la Commission nous fasse une déclaration claire sur ce que nous allons faire à l'avenir. Si l'UE veut un siège au sein de l'AMA, il faut qu'elle finance l'AMA!". La Commissaire Viviane Reding a répliqué que "les bases financières de l'UE ont été déterminées par le PE et les gouvernements, et la Commission ne peut donc pas financer. La logique serait que l'UE renonce à son siège au sein de l'AMA, mais la décision doit être avalisée par le Conseil" (voir EUROPE des 12 juillet 2001 et du 10 novembre 2001).
Par ailleurs, on a constaté les "identités de vues" entre les ministres sur la nécessité de mener une politique de "tolérance zéro" en matière de dopage, d'harmoniser les critères et les sanctions, de contrôler les substances dopantes interdites, d'adopter un code mondial de lutte contre le dopage. Les ministres ont aussi retenu la proposition du sous-secrétaire d'Etat italien aux Sports, Mario Pescante, de créer une Troïka entre les ministres et les mouvements sportifs pour mettre en place un plan d'action anti-dopage, concentré sur l'éducation et la prévention (notamment dans les écoles et les clubs de fitness). Cette lutte exige "une alliance internationale", a expliqué Mme Reding en citant la rencontre de janvier dernier, au Maroc, à l'initiative de la France avec les ministres des pays du sud de l'Europe, celle qui se tiendra à l'initiative de l'Espagne avec les ministres d'Amérique centrale et latine à Lima, 25 et 26 mars et enfin aux Jeux du Commonwealth annoncés pour juillet 2002. En conclusion, Mme Reding a souligné que "le dopage détruit le sport" et devient un problème de santé publique" et a demandé qu'après 2003 "on parle des valeurs, du fair play du sport. Bref, de la dimension sociale et citoyenne du sport".