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Bulletin Quotidien Europe N° 8177
JOURNEE POLITIQUE / (eu) ue/convention/commission

M. Barnier annonce pour le 30 avril un document proposant "un projet politique" et M. Vitorino insiste sur les valeurs européennes et la "rénovation de la méthode communautaire"

Bruxelles, 21/03/2002 (Agence Europe) - Les Commissaires européens aux Affaires institutionnelles Michel Barnier et chargé de l'espace de justice, liberté et sécurité Antonio Vitorino ont exposé jeudi à la presse l'essentiel des propos qu'ils allaient tenir devant la plénière de la Convention européenne, M. Vitorino jeudi après-midi et M. Barnier vendredi matin. Michel Barnier, qui avait participé mercredi après-midi avec Antonio Vitorino aux travaux du présidium de la Convention, a indiqué que celui-ci avait travaillé sur le programme de la Convention, dont la plénière d'avril (les 15 et 16) sera consacrée à un "débat très général sur les missions politiques de l'Union" , et celle de mai ( les 23 et 24) à "l'exercice démocratique des institutions". Interrogé sur la décision de reporter à plus tard la discussion sur le Forum (de la société civile) prévue le 15 avril, M. Vitorino a signalé que le vice-président Jean-Luc Dehaene avait proposé ce report afin de garantir une meilleure organisation du débat. "Ce n'est pas un changement de cap politique", a-t-il déclaré, en notant que la société civile participe à l'exercice non seulement à travers le Forum mais aussi, par exemple, grâce au site web mis en place par la Convention. Et M. Barnier a rappelé l'idée de Valéry Giscard d'Estaing de tenir une Convention des jeunes (sans doute en juillet). Le débat européen est "sorti de la clandestinité et, pour la première fois en cinquante ans, il se déroule dans un lieu unique et pluraliste", a souligné M. Barnier.

Michel Barnier a annoncé que la Commission européenne tiendra début avril un séminaire sur la Convention, pour adopter le 30 avril un document proposant un "projet politique" (et qui sera suivi de communications spécifiques). Dans ce document, nous constaterons qu'il faut vérifier si la volonté existe de développer l'Union dans deux grandes directions, et ensuite quels instruments sont nécessaires pour le faire, a-t-il précisé, en indiquant que: - la "première direction où nous avons besoin de nous réformer" est celle du modèle économique et social. Nous devrons nous demander en particulier ce que nous voulons faire de la "puissance potentielle" qu'apporte l'euro, a noté M. Barnier, en affirmant que l'économie européenne doit être "gouvernée" et que "une monnaie a besoin d'une politique" (et d'une coordination des politiques économiques, et aussi des aspects de la fiscalité qui concernent le bon fonctionnement du marché intérieur); - la deuxième direction, c'est la volonté ou non de l'Europe d'être "autre chose qu'une puissance régionale" pour "jouer un rôle politique dans le monde", pour lutter contre la violence et la pauvreté, prévenir et résoudre les conflits, encourager le respect des civilisations et des cultures, "d'abord à nos frontières" (il a cité la Russie et les pays méditerranéens). Comment concilier cela avec la neutralité de certains pays? Selon M. Barnier, on peut le faire en trouvant dans le Traité "toutes les souplesses nécessaires", par exemple par le recours aux coopérations renforcées, afin qu'on soit "tous autour de la table, mais permettant à ceux qui veulent partir en éclaireur de le faire".

Quant à Antonio Vitorino, l'objectif de cette première phase "d'écoute" de la Convention doit être, selon lui, un débat ouvert sur "les valeurs communes qui justifient l'aventure européenne", sans oublier la diversité culturelle , linguistique, "la diversité des Etats membres". Il nous faut "plus d'Europe politique, une Europe plus performante" qui concentrerait son travail où elle apporte une valeur ajoutée, et une "vision de la rénovation de la méthode communautaire", s'est exclamé M. Vitorino, pour qui, finalement, il s'agit de "définir la refondation de l'Union". Le Commissaire, qui avait participé aux travaux de la Convention sur la Charte des droits fondamentaux, a insisté aussi sur l'intégration de la Charte "dans l'architecture institutionnelle, je dirais constitutionnelle de l'Union".

Par ailleurs, les Commissaires ont répondu à des questions sur:

- le rapport Solana sur la réforme du Conseil et les propositions faites à ce sujet par des chefs de gouvernement (Blair-Schröder, mais aussi Persson: NdlR). M. Barnier a noté que ces propositions portent aussi sur des réformes "plus lourdes" qui devront être intégrées dans l'exercice de la Convention. Mais "je ne pense pas qu'on puisse préempter les travaux de la Commission", a-t-il ajouté, en lançant: "nous (à la Convention) n'avons pas le sentiment d'être là pour amuser la galerie", et ce serait "une erreur politique" que de le croire. Un représentant de la Commission fera partie du groupe de travail de représentants des chefs de gouvernement dont la mise en place a été décidée à Barcelone pour parvenir à des propositions au Sommet de Séville, a-t-il souligné par ailleurs, en estimant que le travail de réforme du Conseil "va durer beaucoup de mois" et en soulignant que la Convention porte sur une réforme beaucoup plus vaste;

- la place de la Commission dans l'architecture institutionnelle. Nous abordons ce problème "sans fébrilité, pas de matière défensive", dans la certitude que la méthode communautaire a été à l'origine des succès du passé et qu'elle doit continuer à être utilisée, "pas nécessairement de manière exclusive", a dit M. Barnier.

- la "pression" du Saint-Siège et des Evêques afin que la Convention tienne compte de la dimension religieuse. M. Vitorino a rappelé que M. Prodi avait cité explicitement cette dimension dans son discours à l'ouverture de la Convention, et M. Barnier a estimé que le rôle des églises est très important.

Commission/Allemagne: s'il y a des malentendus, ils doivent être éclaircis, estime M. Barnier

Interrogé sur les critiques répétées adressées récemment par le chancelier Schröder à la Commission européenne (voir aussi p.7), M. Barnier s'est dit "préoccupé" par ces "interpellations sur la vie quotidienne de la Commission" . "Nous faisons notre travail, ensemble et conformément au Traité", a-t-il souligné, tout en reconnaissant qu'il faut "à coup sûr un dialogue particulier avec l'Allemagne, et s'il y a des malentendus, nous devons les lever". Et il a cité dans ce contexte la rencontre proposée par l'Allemagne pour discuter de la "question de capacités de développement de l'économie et de l'industrie allemande" et à laquelle devraient participer plusieurs Commissaires "directement concernés". (Auparavant, en répondant à une question, le porte-parole de la Commission Jonathan Faull avait dit à la presse qu'aucune décision n'était encore prise sur le lieu (Bruxelles, Berlin?) et la date de la rencontre, ou sur les Commissaires qui participeraient: à Barcelone, la Commission avait estimé qu'une telle réunion pouvait être "utile", a-t-il remarqué). Sur le fond, M. Barnier estime que ce serait contradictoire de vouloir, d'une part, des "institutions fédérales fortes" et, de l'autre, de vouloir affaiblir les politiques communes (comme les politiques de cohésion et de la concurrence).

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