Bruxelles, 12/03/2002 (Agence Europe) - La Conférence des donateurs pour la Macédoine, organisée ce mardi à Bruxelles, a permis de récolter 307 millions d'euros (l'objectif était de 256 millions d'euros, il s'agit pour beaucoup de dons ou prêts déjà prévus par les différents donateurs, voir EUROPE d'hier p.12 et du 8 mars p.14). La Commission européenne a de son côté levé le mystère qu'elle laissait planer sur les chiffres avant la Conférence. La contribution du budget communautaire en Macédoine pour les années 2001 et 2002 est de 188 millions d'euros, comme cela est prévu dans le programme Cards d'aide aux Balkans et dans le budget communautaire. A la Conférence, la Commission a inscrit 104 de ces 188 millions d'euros sur sa fiche de contribution. Il s'agit de 68 millions d'euros d'aide macrofinancière (28 donnés et 40 prêtés), 32,54 millions d'euros pour la reconstruction et 3,53 millions d'euros pour soutenir la mise en œuvre de l'accord cadre pour la paix (décentralisation, généralisation de l'emploi de l'Albanais).
A l'ouverture de la réunion, le Premier ministre macédonien Ljubco Georgievski a insisté sur l'attachement de son pays à une politique de paix. "Avec les accords d'Ohrid, les changements constitutionnels, la décentralisation et l'adoption de la loi d'amnistie, nous avons accompli toutes les préconditions nécessaires pour la paix de notre Etat et de tous nos citoyens", a-t-il déclaré. Ljubco Georgievski a insisté sur le fait que la situation économique de la Macédoine était bonne avant que les conflits n'éclatent début 2001, ce qu'a confirmé le directeur de la Banque mondiale pour l'Europe du Sud Est, Christiaan Poortman. Ce dernier a parlé "d'aide exceptionnelle pour remettre la Macédoine sur la bonne voie". Mais il a aussi insisté fortement sur "l'exigence d'une bonne politique économique". Il faut que la Macédoine "poursuive ses réformes", particulièrement pour la privatisation du secteur privé et l'organisation de son administration.
De son côté, l'International Crisis Group a appelé la communauté internationale "à financer la paix en Macédoine, et pas la corruption", extrêmement élevée en Macédoine. ICG estime qu'il est essentiel que les donateurs précisent bien qu'ils suspendront l'aide en cas de corruption. Ce groupe demande aussi à la Commission européenne de nommer un "conseiller anticorruption" auprès du gouvernement macédonien.