Saint-Jacques-de-Compostelle, 15/02/2002 (Agence Europe) - Les Etats membres ont donné un « avis favorable » à la participation de l'Office européen de police à des enquêtes conjointes, et un « accord général » pour lui donner le droit de lancer des enquêtes, a annoncé le ministre espagnol de l'Intérieur Mariano Rajoy à Saint-Jacques-de-Compostelle, où les ministres de la Justice et des affaires intérieures des Quinze étaient réunis en Conseil informel. Pourtant, donner un tel droit d'initiative à Europol ne fait pas l'unanimité. La Suède, par exemple, n'a pas caché son désaccord (voir EUROPE d'hier, p. 8). Nous « avons un cadre clair, les conclusions du Sommet de Tampere disposent qu'Europol doit pouvoir participer à des enquêtes et lancer des enquêtes », a dit M. Rajoy à la presse. Les Etats membres doivent aussi guider le travail d'Europol en lui fixant des priorités. Ils « semblent d'accord » pour qu'Europol se concentre sur le terrorisme, l'immigration clandestine, le trafic de stupéfiants et la contrefaçon de l'euro. Toujours selon la Présidence, on avance vers un accès d'Europol aux bases de données du système d'information Schengen.
Les relations sont toujours « ambivalentes » entre les Etats membres et leur Office européen de police, commentait un diplomate européen après que les Etats membres aient à nouveau critiqué le fonctionnement d'Europol à l'occasion du Conseil informel. L'Allemagne et les Pays-Bas se sont montrés parmi les plus critiques, les pays scandinaves ont une fois de plus soulevé la question du « contrôle démocratique » d'Europol, mais tous sont d'accord sur la nécessité de réformer cet Office dont ils ont eux-mêmes le contrôle, puisqu'il s'agit d'un organe purement intergouvernemental. Si le constat est partagé, il y a « encore des divergences de vues » sur la manière de changer la méthode de travail d'Europol, a reconnu le ministre espagnol de l'Intérieur Mariano Rajoy. En conférence de presse, ni Mariano Rajoy ni le Commissaire européen Antonio Vitorino n'ont démenti ces critiques, mais ils ont préféré insister sur le fait qu'il s'agit d'une institution jeune, qu'il a été difficile de créer, dans un domaine de coopération jeune, et qu'il faut lui laisser le temps de se développer. Il a fallu 15 ans pour créer Europol, qui ne fonctionne vraiment que depuis trois ans, a rappelé le Commissaire. « Europol est un outil avec de grandes potentialités », a-t-il aussi souligné. Aux ministres, il a déclaré qu'il faudrait d'abord qu'ils utilisent vraiment cet instrument, qu'ils lui fournissent des informations, avant de le dénigrer. Mariano Rajoy préfère lui aussi retenir des discussions que « les Etats ont la volonté d'améliorer le travail d'Europol ».