Bruxelles, 15/02/2002 (Agence Europe) - « Le nombre d'incidents terroristes a connu une légère baisse mais l'importance des attentats s'est considérablement accrue », la situation la plus grave étant celle du Pays Basque, peut-on lire en ouverture d'un rapport sur le terrorisme dans l'Union européenne entre septembre 2000 et septembre 2001. Ce document rassemble dans un tableau instructif bien qu'un peu rapide les activités terroristes et de lutte contre le terrorisme dans les Etats membres. Il a été élaboré par l'Office européen de police Europol puis modifié par les experts des Etats membres, pour rappeler quelques éléments des enquêtes sur les attentats du 11 septembre. Il doit être examiné lors d'un prochain Conseil JAI.
Pays Basque. « L'organisation terroriste séparatiste basque Euskadi Ta Akatasuna (ETA) a été l'organisation la plus active dans l'Union européenne », constate le rapport, qui rappelle que l'ETA « a le plus souvent pris pour cibles les politiciens, les militaires, les journalistes et le corps judiciaire », et qu'elle a aussi mené durant l'été une série d'actions contre les intérêts touristiques espagnols. Ses techniques sont « l'assassinat des victimes par une balle dans la nuque », l'attentat à la voiture piégée ou encore les lettres piégées. Les actes terroristes sont de plus en plus souvent menés par des groupes de jeunes liés à l'ETA. Sur le plan de la répression, le rapport note que les dirigeants de Haika, une organisation de jeunes, ont été arrêtés, de même que ceux de Gestaros Pro-Amnistia, tandis que les organisations Ekin et Xaki ont été interdites. Le rapport juge que « tout au long de l'année 2001, les services répressifs espagnols se sont montrés particulièrement efficaces dans leur lutte contre le terrorisme ». La France a aussi contribué à cette lutte, avec l'arrestation de seize activistes et la découverte de trois camps d'entraînement et de 1600 kilos de dynamite. Cette collaboration fait dire aux experts des Quinze que, « bien qu'on ne dispose d'aucune information sûre à ce sujet, cette situation risque d'inciter l'ETA à entamer une campagne à l'échelle de l'Union européenne comme celle qu'elle a menée en 1989 et 1990 ».
Irlande du Nord. Le rapport se félicite « des progrès accomplis dans le cadre du processus de paix » et du respect du cessez-le-feu par les principaux acteurs, « à l'exception des groupes dissidents ». Un accord a été conclu avec l'IRA provisoire en août et en octobre, et la commission internationale sur le désarmement des milices a constaté « qu'un grand nombre d'armes, de munitions et d'explosifs avait été mis hors d'usage » , ce qui a convaincu le Premier ministre de l'exécutif local d'Irlande du Nord, David Trimble, de reprendre ses fonctions qu'il avait quittées en juillet pour protester contre la stagnation des discussions. Les enquêtes se poursuivent en Irlande comme au Royaume-Uni, notamment sur l'attentat d'Omagh.
Corse. Le Front national de libération de la Corse « a mené une campagne d'actions terroristes contre les bâtiments de la police et de la gendarmerie et contre des biens appartenant à des Français du continent », tandis qu'Armata Corsa a montré, par une tentative avortée, « sa capacité de perpétrer ce type d'attentat ». Deux membres de ce groupe ont été tués par des bandes criminelles rivales selon certaines sources. Le rapport ne donne aucune précision sur les activités répressives ou judiciaires.
Terrorisme islamique et extrémiste. Le rapport souligne que les groupes terroristes islamiques menacent l'Union, puisqu'ils peuvent se servir de son territoire pour perpétrer des attentats ailleurs, comme l'ont montré les événements du 11 septembre. Avant cette date, le rapport note: en février, 6 arrestations à Londres, l'arrestation en Espagne d'un groupe salafiste et d'un activiste, plusieurs arrestations et le début de deux procès en France, en Allemagne et en Italie le démantèlement d'une cellule terroriste. Après le 11 septembre, huit personnes ont été arrêtées en Belgique et aux Pays-Bas (elles auraient planifié des attentats contre des intérêts américains en France et contre la cathédrale de Strasbourg). Des arrestations ont eu lieu au Royaume-Uni, en France, Italie et Espagne, et des enquêtes poussées sont menées en Allemagne.
Autres incidents liés au terrorisme. Le rapport s'interroge sur « les premiers signes d'une éventuelle résurgence du terrorisme de gauche, le terrorisme anarchiste », à la suite des attentats commis dans le Sud de l'UE au nom de « Solidarité internationale » pour protester contre l'emprisonnement d'anarchistes. Des attentats anarchistes ont été commis aussi en Italie. Les mouvements radicaux de protection de l'environnement et des droits des animaux « n'ont mené qu'une campagne limitée, néanmoins les dégâts matériels qu'ils ont causés ont été importants ».