Bruxelles, 15/02/2002 (Agence Europe) - C'est finalement la presse que le Commissaire Chris Patten a utilisée pour répliquer, dès vendredi, aux commentaires de Colin Powell à propos de la politique étrangère des Etats-Unis (voir hier, p. 4) qu'il qualifie de « profondément malencontreuse ». Dans l'article qu'il a fait paraître dans le "Financial Times", M.Patten reprend le fil de son offensive contre le retour de l'Amérique à « l'unilatéralisme », une pulsion qui n'est « pas mauvaise en soi » mais simplement « inefficace et autodestructrice ». Et il exhorte celle qui est aujourd'hui « l'unique superpuissance au monde » à ne pas céder aux « instincts dangereux » que le succès « formidable et étonnamment rapide de sa campagne militaire en Afghanistan » semble avoir réveillé en elle. Il l'appelle ainsi à résister à la tentation de croire que « la projection de la puissance militaire est le seul fondement de la vraie sécurité », « les Etats-Unis peuvent ne compter sur personne d'autre qu'eux-mêmes » et que « les alliés sont parfois utiles en tant qu'auxiliaire facultatif ». Et M. Patten d'espérer que l'Amérique « se mette en prise avec un monde complexe et dangereux », non pas en désignant « un groupe disparate de pays » comme un « axe du mal », mais en exerçant «en partenariat » un leadership « éclairé ».