Bruxelles, 04/12/2001 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro se sont retrouvés lundi soir à Bruxelles au sein de l'Eurogroupe pour faire le point sur la situation économique générale, alors que le dérapage du déficit budgétaire suscite une inquiétude grandissante. Ils ont discuté du contexte économique sur la base d'un document de la Commission européenne qui sera adopté lors du Conseil Ecofin du 13 décembre (et soumis au Conseil européen de Laeken) et ont eu un tour de table sur l'état d'avancement de l'adoption des programmes de stabilité dans les Etats membres de la zone euro.
Lors d'une conférence de presse, mardi matin, le Président de l'Eurogroupe Didier Reynders s'est refusé à tout commentaire sur l'évolution préoccupante du déficit public allemand, préférant donner des explications sur les procédures de présentation et d'analyse des programmes actualisés de stabilité et de croissance. Tout en reconnaissant que la plupart des pays n'atteindront pas les objectifs qu'ils se sont fixés dans le cadre des programmes de stabilité et de croissance, le Commissaire européen Pedro Solbes a dit pour sa part qu'il ne s'attendait pas à ce qu'un Etat membre de la zone euro atteigne en 2001 ou en 2002 un déficit public de 3% du PIB. Mais il a aussi implicitement demandé à l'Allemagne de faire un effort pour parvenir, en 2004, à l'objectif d'équilibre des comptes publics. Il a aussi précisé qu'un autre pays (la France) devrait connaître un déficit public de 2%. D'une manière générale, M. Solbes a reconnu un dérapage du déficit des finances publiques, qui devrait se chiffrer à 1,4% du PIB en 2002 dans la zone euro, en soulignant que seuls cinq pays sur douze ont été en mesure de tenir leurs engagements de l'année passée, en raison essentiellement du ralentissement économique.
M. Reynders s'est limité à indiquer que, pour le moment, six pays avaient présenté leurs programmes actualisés, mais que tous ces programmes seront mis à la disposition de la Commission à compter du 15 décembre (à l'exception du Portugal qui a demandé un délai supplémentaire de deux jours). En particulier, la France et l'Allemagne devraient soumettre leurs programmes à la fin de cette semaine. Les ministres ont demandé à la Commission de rédiger, pour la première réunion de janvier de l'Ecofin (le 22 janvier), un rapport analysant l'ensemble des programmes de stabilité afin d'en « prendre attitude » dès le début de l'année (les discussions sur les programmes de chaque Etat membre auront lieu lors des différentes réunions de l'Eurogroupe et de l'Ecofin en janvier et février). La veille au soir, le ministre autrichien des Finances Karl-Heinz Grasser avait estimé que tous les pays devaient "être traités de la même manière" et que « les grands pays n'ont pas vraiment consolidé leurs budgets comme cela était prévu dans les programmes de stabilité », ajoutant que la réduction des déficits et la poursuite des réformes structurelles « sont la clé pour un euro fort et crédible ».
L'Eurogroupe a poursuivi ses travaux sur les réformes structurelles en écoutant un exposé de deux Etats membres (Portugal et France). Laurent Fabius a fait le point sur les mesures fiscales et sociales qui ont encouragé le retour sur le marché du travail en France (prime à l'emploi, crédit d'impôt …), et Guilhermo de Oliveira Martins a présenté de manière plus générale l'évolution du système fiscal et social. La Commission fera en janvier un rapport de synthèse sur l'ensemble des présentations nationales faites à ce sujet, afin de tirer des conclusions sur les meilleures pratiques utilisables dans la zone euro.
A propos de l'introduction des pièces et billets en euro, M. Reynders a précisé que le réseau d'information était mis en place depuis le 1er décembre et que les ministres allaient, lors de la réunion de l'Eurogroupe et de l'Ecofin à Laeken, « tenter de mettre en commun l'analyse de ses données ». Ces informations seront diffusées chaque semaine jusqu'au 31 décembre, puis quotidiennement à partir du 1er janvier 2002.