Bruxelles, 29/10/2001 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de onze pays du pourtour méditerranéen -France, Italie, Espagne, Portugal, Grèce, Turquie, Maroc, Algérie,Tunisie, Égypte et Malte- regroupés au sein du Forum méditerranéen, réunis jeudi dernier à Agadir, ont examiné les suites des attentats du 11 septembre et ont décidé de proposer à l'ensemble des pays participant au processus de Barcelone de créer (à la faveur de la session ministérielle des 5 et 6 novembre prochains à Bruxelles) un groupe de suivi dont la tâche sera de veiller aux répercussions économiques et financières de cette crise.
Les échanges de vues, organisés à l'initiative du roi du Maroc et auxquels a été exceptionnellement invité le président du Conseil de l'UE, Louis Michel, ont abouti à une "condamnation sans équivoque" du terrorisme, selon le président en exercice de la réunion, le ministre grec des Affaires étrangères Georges Papandreou. Cependant, à Agadir, il ne semble pas y avoir eu accord total sur la définition du terrorisme, les pays de la rive sud entendant qu'il soit condamné « sous « toutes ses formes » (sous-entendu, le « terrorisme d'État » pratiqué par le gouvernement israélien). La situation dans les territoires palestiniens a été évoquée par plusieurs ministres (Égypte, Maroc en particulier).
Rappelons que le Forum méditerranéen, structure informelle dont la création est plus ancienne, d'un an, que l'instauration du processus de Barcelone, en 1995, tend à devenir un lien de concertation préalable de tous les pays riverains, européens ou de la rive sud de la Méditerranée occidentale, aux rencontres du dialogue global euroméditerranéen (les 15 de l'UE plus les 12 pays riverains dont Israël et la Palestine, les quatre pays du Mashraq- Egypte, Jordanie, Liban et Syrie). La Libye reste un cas à part. Le leader libyen, Moammar Gueddafi, a encore repété, dans une récente interview, son peu de goût pour de tels fora, en fait pour la présence arabe (du Moyen-Orient) dans de telles rencontres. « Aujourd'hui, je me sens plus africain qu'arabe. Ne me parlez pas des Arabes: ils n'ont ni goût, ni saveur, ni profondeur », affirmait-il le 23 octobre sur la chaîne de télévision al-Jazira, souhaitant que ne soient impliqués dans ce dialogue avec les Européens que les seuls pays arabes africains (Maroc, Algérie, Tunisie, Égypte et bien sûr la Libye). Le président libyen a déjà émis des réserves de même nature quant à l'utilité du processus de Barcelone, et se contenterait volontiers d'un dialogue « 6+6 » (les pays membres du Forum plus son pays).