login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 8051
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/terrorisme

M. Michel se refuse à parler de guerre alors qu'il ne s'agit que de combattre le terrorisme

Bruxelles, 19/09/2001 (Agence Europe) - "Alliés mais pas alignés": le ministre belge des Affaires étrangères et président du Conseil, Louis Michel, a repris à son compte la formule lancée par le député vert allemand Daniel Cohn-Bendit, lors d'une audition commune à huis clos des commissions affaires étrangères et défense du Parlement européen et des parlements nationaux, mardi à Bruxelles. Cette formule signifie que "nous devons nous influencer et nous informer mutuellement", a précisé Louis Michel. Interrogé par un groupe de journalistes sur le soutien que l'UE apportera à la "guerre" contre le terrorisme annoncée par les Etats-Unis, il s'est refusé à parler de "guerre", lui préférant les termes de "lutte contre le terrorisme". "L'article 5 de l'Alliance atlantique parle d'assistance et de soutien mais pas nécessairement de guerre", a-t-il précisé. L'article 5 du Traité de Washington "implique une solidarité totale entre les membres de l'Alliance atlantique, mais c'est aussi l'expression d'une solidarité à égalité entre les membres", a déclaré à la presse le président du Sénat de Belgique, Armand de Decker, qui co-présidait la réunion avec le président de la commission des affaires étrangères du PE, Elmar Brok. Il s'agit aussi, selon M. de Decker, "de faire comprendre les intérêts spécifiques des Européens (…) même si nous avons les mêmes valeurs, la vision du monde depuis l'Europe n'est pas toujours la même que celle des Etats-Unis". "Nous avons une volonté commune de combattre cette barbarie qu'est le terrorisme, mais il y aura matière à discussion entre les alliés sur les moyens utilisés", a ajouté M. de Decker. "Il y a un large accord entre les parlementaires pour lutter contre les causes du terrorisme, mais pas contre les musulmans ou l'Islam", a remarqué Elmar Brok. Louis Michel s'est inquiété toutefois à la sortie du huis clos de l'amalgame fait par certains parlementaires entre le terrorisme et l'immigration.

A l'initiative de MM. de Decker et Brok, les parlementaires nationaux et européens ont entendu le président du Conseil, Louis Michel, et le ministre belge de la Défense, André Flahaut, le Haut représentant pour la PESC, Javier Solana, le Commissaire Chris Patten, sur la politique européenne de défense commune et sur la situation depuis les attentats de New York et Washington. Avant le départ de la Troïka pour Washington et le Sommet européen de vendredi, "il était important que les parlementaires nationaux et européens soient entendus et entendent les autorités européennes", a souligné Armand de Decker.

A plus long terme, cette forme d'audition commune devrait être reproduite, pour permettre aux parlementaires nationaux d'entendre les représentants européens et aussi d'amener ceux qui décident des budgets nationaux de la défense à prendre la mesure des enjeux européens, notamment en ce qui concerne le renseignement, les aspects satellitaires ou les objectifs des forces de prévention des conflits, a remarqué Armand de Decker.

Sommaire

JOURNEE POLITIQUE
INFORMATIONS GENERALES
INTERPENETRATION ECONOMIQUE