Bruxelles, 19/09/2001 (Agence Europe) - La première Conférence parlementaire Union européenne-Pays du Pacte de stabilité (de l'Europe du Sud-est) qui s'est déroulée les 17 et 18 septembre à Bruxelles (voir EUROPE des 17/18 septembre, p.10) a adopté des conclusions dans lesquelles elle insiste entre autres sur:
1. la contribution parlementaire à la stabilité régionale, en proposant en particulier de: - encourager tous les parlements à créer des fora spécialisés dans les questions liées au Pacte de stabilité pour les Balkans; - créer un réseau entre les parlements nationaux, le Parlement européen et les Assemblées parlementaires de l'OSCE et du Conseil de l'Europe, afin d'évaluer régulièrement la mise en oeuvre du Pacte de stabilité; - mettre en place un réseau parlementaire de prévention des conflits permettant de s'attaquer, au niveau parlementaire, à "tous les signes de déstabilisation dans la région"; - encourager le Parlement de la RFY à "discuter, dans un esprit constructif, les propositions faites dans l'Accord cadre et à les voter".
2. l'organisation de la deuxième conférence régionale du Pacte de stabilité, les 25 et 26 octobre prochains à Bucarest, où il s'agira en particulier de: - confirmer l'importance du renforcement de la coopération régionale comme condition préalable à l'adoption des Accords de stabilisation et d'association et comme "instrument indispensable pour intégrer l'Union européenne"; - confirmer les engagements de l'UE, des donateurs bilatéraux, des organisations internationales et des institutions financières à poursuivre leur aide financière aux pays de la région; - obtenir l'appui des membres de l'OMC à une adhésion "rapide" de la Bosnie-Herzégovine, de la RFY et l'ARYM à l'Organisation mondiale du commerce; - parvenir à une définition claire des projets régionaux prioritaires en matière d'infrastructure et d'environnement.
3. la lutte contre le crime organisé, notamment en: - établissant des plans d'action nationaux et , si nécessaire, des plans d'action transnationaux ; - renforçant la coopération des pays de la région avec l'UE et avec les organisations internationales et les ONG et en procédant à des enquêtes et poursuites au niveau régional; - organisant régulièrement des débats parlementaires sur la lutte contre le crime organisé et la traite d'êtres humains (sur ce dernier aspect, la conférence a demandé de mieux utiliser les instruments de l'UE, y compris le programme CARDS, en faveur de programmes de prévention efficaces).
Dans leur conférence de presse finale, le Président de la commission des affaires étrangères du PE Elmar Brok et le Coordinateur spécial du Pacte de stabilité Bodo Hombach ont souligné l'importance du contrôle parlementaire sur l'aide fournie à la région par les donateurs. Le Parlement européen peut avoir un rôle d'"aiguillon" à jouer en ce qui concerne la lutte contre le crime organisé, a estimé par ailleurs M. Hombach.
Au cours des travaux, l'élue européenne de la CDU Doris Pack, Présidente de la Délégation du Parlement européen pour les relations avec l'Europe du Sud-Est, a critiqué les "grandes conférences qui coûtent beaucoup de temps et d'argent", et a estimé que "de plus petites rencontres au niveau parlementaire peuvent apporter des résultats significatifs au Pacte de stabilité". En qualifiant la Conférence parlementaire de Bruxelles de "show de mammouths", Mme Pack a cité l'exemple des rencontres entre parlementaires des pays concernés au sujet de l'éducation (à Zagreb), de la traite d'êtres humains (à Skopje) et de la protection de l'environnement (à Bruxelles).