Bruxelles/Genève, 20/07/2001 (Agence Europe) - Les négociations sur l'accession de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce ont enregistré de nouveaux progrès, cette semaine à Genève, ne laissant subsister qu'un problème de substance sur les services d'assurances. Le groupe de travail compétent a clôturé, vendredi soir, cinq jours de pourparlers informels. Il espère finaliser les textes d'accession en septembre, à temps pour un « feu vert » ministériel des 141 à Doha, deux mois plus tard.
Selon des sources proches de l'institution, les représentants des 141 font "des progrès continus" depuis la session déterminante qui s'est déroulée au début du mois (voir EUROPE du 6 juillet, p.10) "sauf sur les services", a-t-on précisé de même source, en estimant que le désaccord entre l'Union, la Chine et les Etats-Unis sur la définition du statut juridique des succursales de compagnies d'assurances étrangères sera sans doute le seul à perdurer au terme de cette semaine d'intenses pourparlers multilatéraux et bilatéraux. Le groupe américain AIG, le premier à s'être implanté sur le marché chinois dès 1992, s'est insurgé, dans un communiqué, contre les objections européennes à l'arrangement sino-américain sur ce point, qui mettent en question la longueur d'avance dont l'assureur dispose sur ses concurrents. Selon lui, "la question de savoir si AIG devrait être autorisé à poursuivre l'expansion des opérations de ses succursales sur une base de propriété globale en Chine n'a jamais été soulevée dans les négociations jusqu'à ce que l'Union tente, dans ses négociations avec la Chine, de limiter une telle expansion. En fait, un certain nombre de compagnies d'assurance sises en Europe ont elles-mêmes été parrainées pour des aspects de leurs opérations en Chine, mais elles arguent cependant que seul AIG bénéficierait des dispositions de parrainage" (que Washington veut inclure dans le rapport du Groupe de travail, contre l'avis des Européens et des Chinois: NdlR).
Les représentants des 141 ont en revanche pu dissiper la crainte des pays en développement (exprimée par Malaisie, Inde, Corée du Sud...) que leur assentiment au taux de 8,5%, convenu avec les Américains, pour le plafonnement des subventions agricoles chinoises, puisse être considéré comme un précédent dans le cadre de futures négociations au détriment de cette catégorie de pays qui bénéficie en principe d'un plafond de 10%. Le prochain rendez-vous - « dont tout le monde s'attend à ce que ce soit le dernier » - est fixé à la mi-septembre (sans doute le 10). Dans la foulée, le Parlement européen sera appelé à se prononcer sur le paquet de textes d'accession. Son avis est le seul qui constitue un préalable au feu vert de l'OMC. « Nous ne savons pas dans quels délais ce sera fait ni dans quelles conditions mais avec cet avis du PE, nous espérons être prêts pour une décision ministérielle » au Qatar, a-t-on indiqué à Genève. Le parlement chinois ne ratifiera les engagements d'accession qu'une fois ces deux étapes accomplies, et un mois plus tard la porte du « Club » commercial s'ouvrira à Pékin.