Bruxelles, 20/07/2001 (Agence Europe) - C'est dans Gênes en état de siège et sur fond de violences et de manifestations contre la mondialisation que s'est ouvert, vendredi, le Sommet du groupe des pays les plus industrialisés, à savoir la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Allemagne, le Japon, l'Italie, le Canada, et la Russie. Outre les chefs d'Etat des "Huit", les présidents de la Commission et du Conseil des ministres de l'UE, Romano Prodi et Guy Verhofstadt participent également aux travaux.
L'ordre du jour de ce G8 est particulièrement chargé: lutte contre la pauvreté, ralentissement de l'économie mondiale, Proche-Orient, Balkans, Macédoine en particulier, protocole de Kyoto et projet américain de bouclier antimissiles seront au centre des discussions qui s'achèveront dimanche matin. Essentiellement consacré aux questions économiques, le premier jour du Sommet aura été marqué par la création du Fonds mondial (Global Health and Aids Fund) destiné à lutter contre les maladies transmissibles que sont le sida, la tuberculose et la malaria. Mais la réunion devrait atteindre sa vitesse de croisière samedi, quand le président russe Vladimir Poutine rejoindra ses collègues occidentaux et japonais. Les discussions s'annoncent difficiles sur deux sujets au moins: le protocole de Kyoto et le projet américain de bouclier antimissiles. En effet, le président des Etats-Unis, George Bush, a clairement fait savoir jeudi à Londres qu'il comptait bien camper sur ses positions concernant ces deux dossiers. Il s'opposera donc aux Européens sur le premier, même s'il compte présenter "une stratégie qui peut diverger sur les moyens mais qui partage le même but" que le protocole. Les discussions risquent d'être encore plus tendues concernant le projet de bouclier antimissiles qui suscite l'opposition de la Russie et l'inquiétude de plusieurs alliés européens de Washington. Les dirigeants devraient par ailleurs réitérer l'appel lancé jeudi par les ministres des Affaires étrangères du G8 à Israël et aux Palestiniens pour qu'ils acceptent le déploiement d'observateurs internationaux sur le terrain en vue de mettre un terme à la spirale de la violence au Proche-Orient (voir EUROPE du 20 juillet, p.4).