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Bulletin Quotidien Europe N° 8011
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/energie

Une étude financée par l'UE révèle les coûts réels de l'électricité en Europe

Bruxelles, 20/07/2001 (Agence Europe) - Le coût de production de l'électricité à partir de charbon ou de pétrole doublerait et celui de la production d'électricité à partir de gaz augmenterait de 30 %, si les coûts externes tels que les dommages causés à l'environnement et à la santé étaient pris en considération. Telle est la principale conclusion d'une étude financée par l'UE dont la Commission européenne vient d'annoncer la publication. Le rapport estime ces coûts externes à 1-2 % du PIB de l'UE, coûts du réchauffement de la planète non compris; actuellement, ils sont couverts par l'ensemble de la société puisqu'ils ne sont pas inclus dans les factures payées par le consommateur. L'étude, qui constitue l'aboutissement du projet "EXTERNE", a été menée par des chercheurs de tous les Etats membres de l'UE et des Etats-Unis.

Actuellement, la production d'électricité coûte environ 0,04 euro (4 cents) par kWh. L'étude confirme que les coûts externes sont plus élevés dans les zones urbaines qu'en milieu rural. L'électricité n'est qu'un exemple car, indique la Commission dans un communiqué, la méthodologie utilisée pourrait être appliquée à d'autres secteurs à grande consommation d'énergie, comme celui des transports. Les travaux préliminaires ont montré que le coût global des transports routiers, qui constituent la principale source de dommages, représente un supplément de 1 à 2 % du PIB. Le rapport indique également que l'électricité d'origine nucléaire comporte des coûts externes relativement bas en raison de son influence limitée sur le réchauffement de la planète et de la faible probabilité d'accidents dans les centrales de l'UE. L'énergie éolienne et l'hydroélectricité présentent les coûts externes les plus bas. La méthodologie utilisée tient compte de l'impact et des interactions sur les "trois milieux" (eau, sol, air). Elle consiste à mesurer selon une méthode uniforme les émissions, puis la dispersion des polluants et l'augmentation de leur concentration dans l'environnement. Ensuite, les effets, par exemple sur les récoltes ou la santé, ainsi que les coûts en résultant sont calculés.

Le rapport propose deux manières de prendre en compte le coût des dommages causés à l'environnement et à la santé. La première possibilité serait de taxer les combustibles et les technologies responsables de ces dommages, ce qui se traduirait par une hausse substantielle des prix de l'énergie. Par exemple, si le coût externe de la production d'électricité à partir de charbon était répercuté dans les factures d'électricité, il faudrait ajouter au prix actuel entre 2 et 8 cents par kWh dans la majorité des Etats membres. Une autre solution consisterait à encourager ou à subventionner les technologies plus propres qui permettent d'éviter les coûts socio-environnementaux. Toutefois, "la taxation au niveau communautaire est difficilement réalisable", estime la Commission. C'est pourquoi elle a choisi de privilégier la seconde solution. En février 2001, elle a défini l'encadrement communautaire des aides d'Etat pour la protection de l'environnement, qui prévoit explicitement que les "Etats membres peuvent octroyer des aides au fonctionnement aux nouvelles installations de production d'énergie renouvelable, calculées sur la base des coûts externes évités". En tout état de cause, le montant de l'aide octroyée au producteur d'énergie renouvelable ne peut excéder 5 cents par kWh.

S'appuyant sur les résultats du projet EXTERNE, la Commission a récemment lancé un projet de suivi intitulé NEWEXT (Nouveaux éléments pour l'évaluation des coûts externes des technologies énergétiques), qui étudiera des éléments supplémentaires pour l'évaluation des coûts externes, et notamment: - l'évaluation monétaire du risque de mortalité; - l'évaluation des effets de l'acidification et de l'eutrophisation sur l'écosystème et la biodiversité; - les effets résultant du fait que l'air, l'eau et le sol peuvent subir des dommages; - les effets d'accidents graves dans les chaînes de combustibles non nucléaires (déversements d'hydrocarbures, par exemple).

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