Bruxelles, 07/06/2001 (Agence Europe) - La Commission européenne et le Sénégal sont convenus de proroger jusqu'à la fin de l'année (donc de cinq mois) l'actuel protocole de pêche qui concerne des navires espagnols, français italiens, portugais et grecs. Les parties avaient déjà décidé de reconduire de trois mois (du 1er mai au 31 juillet) les dispositions de ce protocole qui devait expirer fin avril (voir EUROPE du 30 avril, p.15). Ce sursis devrait permettre aux négociateurs des deux camps de disposer de suffisamment de temps pour parvenir à la conclusion d'un nouvel accord, « dont la durée devra être inférieure à quatre ans », selon un représentant de la délégation sénégalaise. La partie est loin d'être gagnée puisqu'il faudra encore négocier trois éléments essentiels de l'accord: la réduction des zones de pêche, le volume des captures et la compensation financière en faveur du Sénégal. Or, sur ces différentes composantes du nouveau protocole, Dakar a durci sa position en raison notamment de la surexploitation qui commence à menacer certains stocks.
La session de négociation, qui a eu lieu au Sénégal la semaine dernière, a permis d'engranger quelques succès sur certains aspects techniques comme: - les débarquements obligatoires; - l'augmentation du maillage des chaluts; - l'embarquement d'un équipage comprenant 50% de Sénégalais (et non plus 33% comme aujourd'hui); - le repos biologique (qui devrait être imposé deux mois par an). Toutefois, ces quelques progrès pourraient être remis en cause en cas de raidissement de la position sénégalaise, souligne-t-on de source communautaire.
Pour rappel, l'accord conclu avec le Sénégal est de nature mixte et le protocole actuel porte sur la pêche: (1) thonière (12 canneurs, 41 senneurs et 23 palangriers); (2) pélagique et chalutière (22 navires européens dont 6 opérant à l'intérieur de la zone des 12 miles, avec une limitation globale de capture de 25.000 tonnes par an). Les activités de pêche des navires communautaires concernent principalement le thon, la crevette de haute mer et les espèces benthiques comme le merlu, ainsi que les espèces vivant dans des eaux moins profondes, telles que les céphalopodes et le mérou. La compensation financière versée par l'UE en application du protocole actuel s'élève à 12 millions d'euros par an, soit au total à 48 millions d'euros (sur la période 1997-2001). Une certaine souplesse est accordée aux armateurs européens puisque la durée des licences peut être de 3 ou de 6 mois.