Bruxelles, 21/05/2001 (Agence Europe) - Lors de la 10ème conférence internationale sur la concurrence (International Conference on Competition) organisée à Berlin ces 21-22 mai, le Commissaire à la concurrence Mario Monti s'est exprimé sur l'application des règles de concurrence dans la nouvelle économie, dans un discours prononcé devant le Bundeskartellamt, autorité allemande de la concurrence. Le Commissaire a évoqué d'abord les avantages résultant du développement de la nouvelle économie pour les autorités de la concurrence: davantage de transparence aussi bien en en ce qui concerne les biens et les services délivrés qu'en matière de prix, croissance de la taille des marchés engendrée par l'utilisation de l'Internet (qui favorise la pénétration des marchés extérieurs par les entreprises là où elles n'étaient pas présentes auparavant) et réduction des coûts transnationaux dont les conséquences sont répercutées, en fin de course, sur les consommateurs, bénéficiaires d'une concurrence accrue. Ces avantages ne doivent cependant pas faire perdre de vue le revers de la médaille, et le Commissaire réfute l'argument selon lequel les règles antitrust ne seraient plus nécessaires (le marché corrigerait lui-même les défaillances) et deviendraient impossibles à appliquer (les changements seraient trop rapides pour permettre aux autorités de formuler leurs décisions en temps voulu). Ainsi, la baisse des prix engendrée par davantage de concurrence comprimant les marges de profits des compagnies, celles-ci peuvent être tentées de former, pour y pallier, des ententes sur les prix, ce qui oblige les autorités à redoubler de vigilance. D'autre part, même dans les secteurs de la technologie de pointe, il existe toujours un risque important de domination du marché à long terme, quelle que soit la rapidité avec laquelle les concurrents sont en mesure de développer de nouveaux produits plus performants. Enfin, le fait que d'anciens monopoles (surtout en matière de télécommunications) dominent de nombreux marchés européens, parmi lesquels ceux de l'Internet et du E-commerce, oblige les autorités nationales et européennes à rester vigilantes pour que ceux-ci n'abusent pas de leur position privilégiée. En conclusion, le Commissaire Monti a souligné une fois de plus la nécessité d'approfondir le dialogue entre l'Europe et les autorités antitrust du monde entier, les secteurs de la nouvelle économie faisant fi, plus que tous les autres, des barrières géographiques. D'autre part, il est important, selon lui, de veiller à une interprétation la plus souple possible des règles afin de les adapter de la meilleure manière possible à un secteur en mutation continuelle.