Bruxelles, 28/03/2000 (Agence Europe) - En ouvrant ses travaux ce mardi, le Conseil Transports a entendu un rapport de la Commission européenne sur la phase de définition du projet de système européen de positionnement par satellite Galileo. Ces travaux portent sur: i) les fréquences radios, ii) le financement, notamment par le biais de partenariat public/privé, iii) l'analyse coûts/bénéfices, iv) la sécurité du système, v) les négociations avec les Etats-Unis et la Russie pour l'établissement de coopérations avec leur système de navigation, respectivement le GPS (qui domine actuellement le marché) et Glonass. Les ministres évalueront l'état d'avancement des travaux en décembre prochain et décideront alors de l'opportunité de passer à la phase opérationnelle
La commissaire européenne Loyola de Palacio a insisté auprès des ministres pour que les Etats membres défendent le projet Galileo lors de la conférence internationale sur l'attribution des fréquences qui se tiendra du 8 mai au 2 juin à Istanbul. La Commission a déjà proposé une position communautaire pour Istanbul qui doit être adoptée par le Conseil Télécom du 2 mai (voir EUROPE du 8 mars, p. 11).
La commissaire a également fait le point sur les négociations en cours avec la Russie et les Etats-Unis, qui possèdent les deux seuls systèmes à couverture mondiale. Les discussions avec Moscou pour une coopération entre Galileo et Glonass se présentent plutôt bien, a indiqué la commissaire en précisant que les Russes semblent prêts à partager des fréquences nécessaires à la transmission des signaux satellites. L'objectif, si les circonstances politiques le permettent, est de conclure les négociations avec la Russie en juillet pour disposer d'une base juridique permettant la conclusion de contrats avec les entreprises européennes et russes. Les discussions sont en revanche beaucoup plus difficiles avec les Etats-Unis, qui craignent les problèmes de sécurité posés par l'entrée du secteur privé dans la gestion du système (Mme Palacio en a parlé lundi avec le secrétaire américain aux transports, Rodney Slater).
Faisant le point sur la participation du secteur privé au financement du projet, la commissaire a estimé que les réponses aux appels d'offres sont positives et nombreuses. Un consortium européen a proposé une participation de 1,5 milliard d'euros.
Les Etats membres ont accueilli plutôt favorablement le rapport de la commissaire. Les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont insisté toutefois encore une fois sur l'analyse coûts/bénéfices et soulevé la question de la participation des militaires à la préparation du projet. La Commissaire a remarqué que le projet est avant tout civil. Les pays scandinaves ont émis des craintes à propos de la qualité de la couverture des zones septentrionales par Galileo.