Genève, 28/03/2000 (Agence Europe) - Le Commissaire européen aux relations extérieures Chris Patten a, dans son intervention à la 56ème session de la Commission des droits de l'homme des Nations Unies, le 27 mars à Genève, a rappelé que, dans la Commission européenne actuelle, la responsabilité pour la dimension droits de l'homme de la politique extérieure de l'UE a été confiée pour la première fois à un seul Commissaire, lui-même, et il a aussi rappelé que, pendant le trimestre en cours, il présentera une communication proposant une "stratégie nouvelle" dans ce domaine, en particulier en ce qui concerne le financement par la Commission de projets visant à promouvoir les droits de l'homme dans le monde. M.Patten, qui a noté que l'Europe ne doit pas ignorer ses propres "imperfections", et en particulier l'augmentation croissante du racisme, de la xénophobie et de l'intolérance, y compris "dans certains pays, au sein de l'establishment politique", a annoncé aussi que la Commission fournira une "contribution significative" au Bureau du Haut Commissaire des droits de l'homme de l'Onu Mary Robinson en vue de l'imminente Conférence mondiale contre le racisme et la xénophobie. En notant que la Commission européenne est "pleinement associée à la définition de la Pesc", M. Patten, qui venait de rencontrer Mme Robinson le jour même, a dit espérer "renforcer le dialogue et les liens entre nos deux organisations", et a cité comme exemples l' initiative visant à développer une "approche conjointe pour la formation de moniteurs des droits de l'homme" par le Haut Commissaire, l'OSCE et le Conseil de l'Europe, et le projet pilote lancé dans le contexte du Diplôme de l'Union européenne en droits de l'homme. M. Patten a par ailleurs tenu à souligner le rôle irremplaçable des ONG et d'organisations comme Amnesty International, Human Rights Watch, la Fédération Internationale des Droits de l'Homme, Helsinki Watch et America Watch.
Dans son discours, M. Patten n'a pas fait allusion à la Chine (alors qu' il l'a fait plusieurs fois, de manière plutôt explicite, devant le Parlement européen: voir dans EUROPE du 23 mars, p.6, son intervention devant la commission des affaires étrangères), mais, dans une allusion voilée au dialogue sur les droits de l'homme entre l'UE et Pékin, il a dit que "le dialogue ne peut pas remplacer le fait" et que signer des conventions, ce n'est pas la même chose que les ratifier et les appliquer. "Le dialogue n'est pas une fin en soi, il est le moyen pour atteindre une fin" (Voir EUROPE du 22 mars, pages 3 et 4, au sujet de la position du Conseil sur l'attitude de l'UE à Genève en cas de vote d'une résolution sur les droits de l'homme en Chine: les pays de l'UE auraient l'intention de voter pour une résolution des Etats-Unis, mais pas de la coparrainer).