Paris, 28/03/2000 (Agence Europe) - La présidente du Parlement européen Nicole Fontaine, à l'issue de ses entretiens de la semaine dernière avec le président Chirac et le premier ministre Lionel Jospin, a dit s'attendre, pendant le deuxième semestre de cette année, à "une Présidence française très dynamique". Selon un communiqué publié après sa visite officielle en France, Mme Fontaine a constaté chez le président de la République une "grande ouverture" au sujet de la Charte des droits fondamentaux (Jacques Chirac s'est "dit favorable à un cadre simple et clair qui puisse être inclus dans le traité, quitte à avoir un mode d'emploi plus détaillé juridiquement", indique le communiqué). Quant à M. Jospin, il a partagé en particulier le souhait du Parlement européen de faire une priorité de la sécurité des aliments, alors que les ministres des Affaires étrangères et des Affaires européennes, Hubert Védrine et Pierre Moscovici, se sont montrés sensibles, selon le même communiqué, à la préoccupation exprimée par Mme Fontaine pour le retard important de la France dans la transposition des directives européennes. 95 directives n'ont pas encore transposées dans le droit national, ce qui place la France au 14ème rang, avant la Grèce, a dit Mme Fontaine, en espérant que ce retard soit rattrapé si possible avant le début de la Présidence française, et MM. Védrine et Moscovici ont promis de procéder à une transposition par "paquets".
Mme Fontaine a par ailleurs prononcé le 22 mars une allocution dans l'hémicycle du Sénat: c'était la première fois qu'un président du Parlement européen s'exprimait en plénière devant un Parlement de l'Union. Dans son discours, elle a insisté en particulier sur la nécessaire collaboration entre le Parlement européen et les Parlements nationaux, en affirmant: "Parlements nationaux, Parlement européen, même combat". Et elle a ajouté: "A présent que la plus grande partie de la législation européenne requise par le marché unique est en place, il est à prévoir que dans les années qui viennent les nouvelles initiatives législatives seront de caractère plus qualitatif et soulèveront la question préalable de leur bien-fondé au regard du principe de subsidiarité". Mme Fontaine, pour qui "il ne serait pas concevable que les Parlements nationaux n'aient pas la place qui correspond à leur légitimité", a dit: "l'idée d'une enceinte qui serait le creuset de la confrontation démocratique entre les Parlements nationaux, et qui en serait l'expression commune, mérite d'être étudiée, sans que je puisse, ni en mon nom propre ni en celui du Parlement européen, en dessiner une forme appropriée". Par ailleurs, elle a posé le problème des langues, en affirmant qu'"il ne s'agit pas de partir, lance au vent, combattre le parler anglo-américain", mais de tenir compte de ceux dont la langue, "peu usitée par les autres", "n'aurait pas sa place" et qui pourraient se sentir donc "dévalorisés et contraints, à terme, à se dissocier".