Bruxelles, 28/03/2000 (Agence Europe) - Les promesses de dons qui seront faites par l'Union européenne, lors de la Conférence des donateurs des 29 et 30 mars, pour les projets régionaux dans l'Europe du Sud-Est devraient représenter "une part substantielle" des 1,6 à 1,8 milliards d'euros attendus, a indiqué mardi à la presse Catherine Day, Directrice générale adjointe aux Relations extérieures à la Commission. L'objectif de la Commission serait que les promesses effectuées par elle-même et les Etats membres représentent environ deux tiers du total. Les dons de la Banque mondiale devraient s'élever à 10% de l'ensemble, a précisé son vice-président, Johannes Linn, au cours de la même conférence de presse. Organisée par la Commission européenne et la Banque mondiale, en collaboration avec le coordinateur du Pacte de Stabilité pour les Balkans, Bodo Hombach, la Conférence des donateurs pour l'Europe du Sud se tiendra ces mercredi et jeudi à Bruxelles en présence des représentants de 44 Etats et 36 organisations internationales. Elle sera consacrée au financement pour les douze mois à venir de projets exclusivement régionaux, qui devraient être lancés rapidement - "quick start projects" - et essentiellement liés à la construction d'infrastructures (1,1 milliard, dont 710 millions promis lors de la préparation de la Conférence) et au développement du secteur privé (290 millions, dont 186 déjà promis). Représentants de la Commission européenne, de la Banque mondiale et du Pacte de Stabilité ont souligné, au cours de la conférence de presse, le double caractère concret et politique de la Conférence. "Les projets sont importants en eux-mêmes, mais ils ont également une valeur stratégique", car ils touchent aux relations des pays de l'Europe du Sud-Est avec l'UE, a ainsi souligné Catherine Day. Ce processus a deux clefs: d'une part, l'engagement des pays du Sud-Est à effectuer des réformes économiques, sociales et politiques et, d'autre part, la perspective de l'intégration dans l'UE et les structures internationales, a dit M. Linn.
La première journée sera donc politique, la seconde plus technique. La Conférence sera ouverte, mercredi, par les discours du commissaire européen aux relations extérieures Christopher Patten, du président de la Banque mondiale James Wolfensohn, et du coordinateur du pacte de stabilité Bodo Hombach. Ces discours seront suivis de déclarations des pays bénéficiaires puis des ministres des pays donateurs, qui devraient confirmer les promesses de dons annoncées lors de la préparation de la Conférence.
Jeudi, la Banque européenne d'investissement (BEI), la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD) et les représentants du Pacte de stabilité présenteront les projets qu'ils ont sélectionnés pour les infrastructures (BEI), le développement du secteur privé (BERD), et les droits de l'homme, la démocratisation, l'éducation et les médias (Pacte de stabilité). Les différents participants devraient ensuite s'efforcer de mettre la dernière main à la coordination entre promesses de dons et projets précis (à noter que la plupart des promesses sont déjà liées à des projets précis). Ainsi, la Commission va participer, à hauteur de 5 millions d'euros, à la construction d'un deuxième pont entre la Bulgarie et la Roumanie, mais également au nettoyage du Danube, à un projet de déminage, à la mise en place de réseaux d'électricité… La Banque mondiale va aider, notamment, à la démobilisation des soldats.
Si les organisateurs précisent qu'il s'agit principalement de nouveaux engagements et non de la réitération de promesses anciennes, le risque de confusion existe toutefois - la Banque mondiale assure que tout sera mis en œuvre au cours de la Conférence pour départager le neuf de l'ancien, afin d'avoir une image des nouveaux dons. Pour ce qui est de l'UE, les projets concernant le Kosovo sont les seuls pour lesquels l'argent a déjà été promis, puisqu'ils seront financés sur l'enveloppe de 500 millions d'euros promise pour le Kosovo lors des deux Conférences de donateurs qui lui étaient précisément consacrées, a précisé Mme Day. De manière générale, les promesses qui seront faites par la Commission restent, "bien entendu", dans la cadre du budget et des perspectives financières, "sinon nous ne pourrions pas faire ces promesses" , a-t-elle affirmé.