Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont exprimé de fortes inquiétudes, mardi 24 mars, après la conclusion de l’accord commercial entre l’UE et l’Australie, estimant que l’agriculture européenne sert une nouvelle fois de variable d’ajustement aux objectifs commerciaux et géopolitiques de l’Union.
L’accord prévoit des concessions jugées excessives dans des secteurs très sensibles tels que le bœuf, la viande ovine, le sucre et le riz.
Dans un contexte où l’accord UE–Mercosur doit prochainement entrer en vigueur, « l’effet cumulatif » des accords commerciaux successifs est considéré comme insoutenable pour de nombreuses exploitations familiales européennes.
Ces concessions interviennent alors que les agriculteurs font face à une hausse généralisée des coûts, à des prix insuffisants et à une forte incertitude géopolitique, ce qui accentue leur vulnérabilité.
Le Copa-Cogeca dénonce l’absence de garanties réellement efficaces et attend les détails de l’accord, notamment en ce qui concerne la protection des indications géographiques et la gestion des quotas, avant d’en évaluer pleinement l’impact.
La Coordination européenne Via Campesina (ECVC) a estimé que les négociations « manquent une fois de plus de transparence, les quotas d’importation clés restant encore indéfinis ».
L'accord est considéré par ePURE comme un nouveau coup dur pour l’industrie européenne de l’éthanol renouvelable. Il accorde à l’Australie un accès en franchise de droits pour 10 000 tonnes d’éthanol, une concession jugée majeure dans un secteur sensible, alors que l’UE autorise déjà 650 000 tonnes au titre de l’accord Mercosur.
Satisfactions. Eucolait estime que les entreprises laitières de l’UE bénéficieront d’un meilleur accès au marché australien, déjà significatif avec près de 400 millions d’euros d’exportations en 2025, dominées par le fromage. La suppression des droits de douane sur ce produit et la protection des indications géographiques sont saluées, d’autant que les importations australiennes devraient rester limitées, malgré certains quotas.
Le Comité européen des entreprises vins (CEEV) a notamment salué la suppression immédiate des droits d’importation de 5% sur les vins européens et le renforcement de la protection des indications géographiques, incluant la fin de l’usage du terme 'Prosecco' pour les vins australiens et des règles d’étiquetage clarifiées pour éviter toute confusion.
spiritsEUROPE estime que l’élimination des droits de douane devrait améliorer sensiblement l’accès au marché. L’accord protège 231 indications géographiques européennes. Enfin, spiritsEUROPE appelle l’Union à maintenir cette dynamique dans les négociations avec l’Asie du Sud-Est et les Émirats arabes unis. (Lionel Changeur)