La Commission européenne a annoncé, mardi 24 février, une série de mesures destinées à préserver la disponibilité et l’accessibilité des engrais dans l’Union européenne, en réponse à la flambée des coûts.
Concrètement, la Commission propose de suspendre pour une durée d’un an les droits de douane dits de la 'nation la plus favorisée' (NPF) sur les importations de plusieurs engrais azotés essentiels ainsi que sur certains intrants nécessaires pour leur fabrication, notamment l’ammoniac et l’urée. Cette décision fait suite à l’engagement pris lors de la réunion du 7 janvier dernier des ministres européens de l’Agriculture (EUROPE 13781/4).
La suspension tarifaire s’appliquera à l’ensemble des pays tiers, à l’exception de la Russie et de la Biélorussie, par l’instauration de contingents tarifaires en franchise de droits. Les importations dépassant ces quotas resteront soumises aux droits NPF standards.
Selon la Commission, la mesure permettra de réduire les coûts pour les agriculteurs européens et pour l’industrie des engrais, avec une économie estimée à environ 60 millions d’euros en droits de douane. Elle vise également à accélérer la réduction de la dépendance de l’Union vis-à-vis de la Russie et de la Biélorussie, tout en favorisant la diversification des sources d’approvisionnement, jugée indispensable pour la sécurité de l’agriculture européenne.
En décembre 2025, la Commission avait par ailleurs introduit une dérogation aux règles de calcul du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM). Les engrais sont ainsi devenus le seul secteur à bénéficier d’un taux de majoration réduit à 1%, contre 10% pour les autres produits, avec une augmentation progressive prévue jusqu’à 30%. (Lionel Changeur)