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Bulletin Quotidien Europe N° 13815
ACTION EXTÉRIEURE / Interview liberia

« Nous sommes un pays stable et nous aspirons à accueillir davantage d’investisseurs », assure la ministre du Commerce, Magdalene Shelley-Dagoseh

L'Union européenne et le Liberia organisent leur premier forum d’investissement mardi 24 et mercredi 25 février à Bruxelles. Le Liberia, pays côtier d’Afrique de l’Ouest situé entre la Côte d’Ivoire et la Sierra Leone, souhaite ouvrir son économie aux investissements européens afin de développer ses principaux secteurs d’activité : les mines, l’agriculture, la foresterie, le transport maritime, la pêche et le tourisme.

À l’instar d’autres pays africains (EUROPE 13750/8), le Liberia entend rompre avec le modèle traditionnel de l’aide publique au développement pour devenir une destination attractive pour les capitaux étrangers. En outre, le pays s'est doté d'un plan national de développement à l'horizon 2029, l'« Agenda 'ARREST' pour un développement inclusif », soutenu par l'Union européenne.

Dans un entretien accordé mardi à Agence Europe, la ministre du Commerce et de l'Industrie, Magdalene Shelley-Dagoseh, est revenue sur cette transformation, engagée sous l'impulsion du président libérien, Joseph Boakai. (Propos recueillis par Bernard Denuit)

Agence Europe - Quelle stratégie le Liberia déploie-t-il pour rassurer et attirer les investisseurs européens ?

Magdalene Shelley-Dagoseh - Le Liberia est un pays qui a traversé de nombreuses épreuves. Cependant, depuis ces dernières décennies, nous avons retrouvé la stabilité. Aujourd’hui, nous sommes un pays stable et nous aspirons à accueillir davantage d’investisseurs. En réalité, nous recherchons des partenariats.

Au ministère, nous modernisons actuellement notre cadre réglementaire. Nous renforçons la protection des investisseurs et évaluons comment garantir la protection, quel que soit le type d'affaires. Nous numérisons également les processus administratifs afin d’éliminer les retards et les blocages. L’objectif est de simplifier les procédures pour éviter toute lenteur inutile.

Nous améliorons aussi le système de facilitation du commerce. J’ai l’honneur de présider le comité chargé de cette question. Nous travaillons à optimiser ce système. Nous avançons également sur la mise en place d’un guichet unique national. Il regroupe plusieurs ministères : Affaires étrangères, Finances, Banque centrale et Commerce. Ainsi, les investisseurs n’ont plus besoin de se déplacer d’un ministère à l’autre : toutes les démarches peuvent être effectuées en un seul endroit.

Nous simplifions également les licences et les procédures douanières, souvent perçues comme lourdes et décourageantes. Par ailleurs, nous renforçons la Cour commerciale afin d’accélérer la résolution des litiges. Elle joue un rôle clé dans le règlement des différends commerciaux.

Enfin, nous développons des zones économiques spéciales pour soutenir l’industrialisation.

En quoi l’Union européenne constitue-t-elle un partenaire clé pour le Liberia ?

L’Union européenne est notre partenaire depuis la Convention de Lomé en 1975. Depuis cette date, elle a joué un rôle majeur dans le développement de notre pays. Récemment encore, l’Union européenne a contribué à la rénovation de notre Autorité nationale de normalisation ('Liberia Standards Authority'), qui était en mauvais état. Avec le soutien de partenaires internationaux, une importante rénovation a été réalisée. Le Président a récemment inauguré ces nouvelles installations en présence de l’Ambassadeur de l’Union européenne au Liberia. L’UE a toujours été un partenaire très proche.

Quels sont les secteurs les plus prometteurs pour les investisseurs européens ?

Le Président a défini une 'feuille de route' axée sur plusieurs priorités nationales : l’éducation, l’assainissement, l’agriculture, le tourisme et la santé. Ces secteurs constituent les axes majeurs de développement. Ils correspondent à l’agenda présidentiel et représentent les domaines dans lesquels nous souhaitons attirer l'attention de l’Union européenne - elle ne pourra peut-être pas intervenir dans tous ces secteurs, mais nous l’invitons à examiner ces priorités.

Malgré les progrès accomplis et les objectifs fixés, certaines barrières à l’investissement subsistent. Comment les surmonter ?

Nous évaluons comment supprimer ces barrières - ce que nous pouvons faire, ce que nous n'avons pas fait, qui peut nous aider... L’un des principaux obstacles concerne le traitement de la documentation. Pour y remédier, nous collaborons notamment avec la Banque mondiale. Nous espérons également pouvoir compter sur plus de partenaires pour nous accompagner dans la numérisation de l’ensemble de nos procédures. En effet, lorsque les processus sont numérisés, les retards sont réduits, les goulets d’étranglement disparaissent, les obstacles n’ont plus lieu d’être et tout peut fonctionner de manière fluide et efficace.

Comment le Liberia compte-t-il tirer parti de son appartenance à la CEDEAO et à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour attirer les investissements à l'échelle régionale ?

Nous sommes particulièrement fiers de faire partie de la Zone de libre-échange continentale africaine. C’est une initiative d’envergure, comparable à une organisation mondiale, à laquelle de nombreux pays aspirent à participer. (...) Le Liberia est également membre de la CEDEAO. Nous travaillons donc à soutenir les PME, à renforcer leurs capacités et à voir comment transformer leurs activités pour leur permettre d’accéder au marché de la CEDEAO, puis, au-delà, conformément à la vision du Président.

Concrètement, nous souhaitons organiser davantage d’événements économiques et multiplier les opportunités d’affaires.

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