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Bulletin Quotidien Europe N° 13815
Invasion Russe de l'Ukraine / Ukraine

Ursula von der Leyen promet que le prêt de 90 milliards d'euros sera honoré « d’une manière ou d’une autre »

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a promis, mardi 24 février, lors d’un déplacement à Kiev à l’occasion du quatrième anniversaire de l’invasion russe de l’Ukraine, que le prêt de 90 milliards d’euros serait bien mis en œuvre, malgré le blocage de la Hongrie sur la modification du cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027, nécessaire pour emprunter (EUROPE 13813/23).

« Ce prêt a été approuvé par 27 chefs d'État et de gouvernement au Conseil européen (de décembre, NDLR) (EUROPE 13776/1). Ils ont donné leur parole. Elle est irrévocable. Nous honorerons ce prêt d'une manière ou d'une autre. Soyons très clairs : nous avons plusieurs options, et nous les utiliserons », a-t-elle souligné aux côtés du président du Conseil européen, António Costa, et du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, sans donner plus de détails.

Au même moment, à Bruxelles, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, et le ministre des Affaires étrangères chypriote, Constantinos Kombos, au nom de la Présidence du Conseil de l’UE, ont signé, après l’adoption par le Conseil de l’UE, plus tôt dans la journée, le règlement mettant en œuvre la coopération renforcée pour l'établissement du prêt de 90 milliards d'euros et la modification du règlement établissant la 'Facilité pour l'Ukraine'.

À Kiev, Mme von der Leyen a précisé que la Commission, en collaboration avec les forces ukrainiennes, avait défini un premier ensemble de besoins prioritaires pour le premier déboursement du prêt. « Notre objectif est de le livrer avant Pâques. Il comprend des drones et des munitions », a-t-elle déclaré, précisant que, parallèlement, un travail avait lieu sur l'intégration des deux industries de défense.

Soutien au secteur énergétique. La présidente de la Commission a aussi rappelé que l’UE aiderait l’Ukraine à passer l’hiver, particulièrement froid, et alors que la Russie attaque ses infrastructures énergétiques. Elle a annoncé une nouvelle enveloppe de 100 millions d'euros pour une aide immédiate afin de répondre aux besoins actuels.

Par ailleurs, selon Mme von der Leyen, afin de coordonner le soutien, le commissaire européen Dan Jørgensen et le vice-premier ministre ukrainien, Denys Shmyhal, convoqueront dès mars un ‘Ramstein de l'énergie’. Cela permettra « d'assurer une collaboration fluide et précise entre l'Ukraine et l'Union européenne et que l'Ukraine reçoive exactement les fournitures et le matériel dont elle a besoin », a précisé la présidente de la Commission européenne.

Dans une déclaration, la 'Coalition des volontaires', elle s'est engagée à fournir une aide supplémentaire aux infrastructures énergétiques de l’Ukraine, « notamment en continuant à fournir des moyens de défense aérienne ».

« Un système énergétique résilient et robuste sera nécessaire avant l'hiver prochain et pour la relance du pays », a prévenu pour sa part le G7 dans une autre déclaration.

Un appel entendu par l’UE, qui commence à préparer l’hiver prochain. « Nous allons élaborer un nouveau Plan énergétique hivernal pour 2026-2027, intitulé 'Réparer, reconstruire, redémarrer'. Il comprendra une enveloppe de 920 millions d'euros destinée à stabiliser le système énergétique ukrainien. Cela garantira un approvisionnement électrique stable dans tout le pays. Cela accélérera la production décentralisée d'énergies renouvelables, permettra de réparer, reconstruire et moderniser les réseaux, et de réparer et de remettre en service les centrales électriques endommagées », a détaillé Mme von der Leyen.

Interrogé sur la coupure de l’oléoduc Druzhba, raison de l’ire hongroise contre l’Ukraine, Volodymyr Zelensky a rappelé que c’était la Russie qui avait frappé l'infrastructure. « Lorsqu'un État membre rencontre un problème avec un pays tiers, il est du devoir des institutions européennes de soutenir cet État membre et de soulever la question auprès du pays tiers. C'est ce que nous avons fait avec le président Zelensky », a précisé M. Costa, ajoutant être convenu avec lui que Kiev communiquerait « dans les prochains jours » une estimation du temps nécessaire à la réparation de l’oléoduc.

M. Costa, tout comme Mme von der Leyen, a rappelé qu’en attendant la réparation, l’oléoduc Adriatique pouvait fournir le pétrole nécessaire à la Hongrie et la Slovaquie, tout comme un autre oléoduc passant par l’Ukraine, et que, « par conséquent, il ne s'agissait pas d'un problème de sécurité énergétique ».

Renforcer les sanctions. La présidente de la Commission européenne a en outre promis que le vingtième paquet de sanctions serait bientôt adopté, malgré les vetos actuels de la Hongrie et de la Slovaquie.

« Nous allons bientôt finaliser notre vingtième train de sanctions. (…) Nous travaillons en étroite coordination avec nos partenaires du G7 afin d'optimiser leur portée et leur impact », a-t-elle expliqué. Si la 'Coalition des volontaires' a réaffirmé son engagement à intensifier la pression économique sur la Russie, le G7 n'en fait aucune mention dans sa déclaration, pas plus que d'un renforcement du soutien militaire à Kiev, rappelant cependant son « soutien indéfectible » à l’Ukraine.

« Nous comptons sur un vingtième train de sanctions fort et efficace. Il doit être adopté au plus vite », a plaidé M. Zelensky. Selon lui, « la 'flotte fantôme' russe n'a pas sa place dans les eaux européennes et le pétrole et le gaz russes n'ont pas leur place sur les marchés européens ». Il a précisé avoir discuté avec les dirigeants européens des modifications de la législation européenne qui permettraient d'arraisonner les pétroliers russes et de saisir le pétrole qu'ils transportent. « C'est faisable », a estimé M. Zelensky.

2027, date voulue par l’Ukraine pour l’adhésion. Le président ukrainien a également souhaité que son pays se voie clairement définir une date pour son adhésion à l’UE : 2027. « Une date précise pour l'adhésion de l'Ukraine à l'UE, soit 2027, est cruciale pour nous. J'espère que c'est réalisable, afin que Poutine ne puisse pas bloquer notre adhésion pendant des décennies », a-t-il plaidé, se disant prêt à une procédure accélérée. « La date que vous fixez est votre objectif à atteindre. De notre côté, les dates ne sont pas garanties, mais nous vous assurons de notre soutien indéfectible pour que vous puissiez atteindre votre objectif », lui a répondu Mme von der Leyen.

M. Costa a promis que l'avenir de l'Ukraine se trouvait au sein de l'Union européenne. « Une Ukraine prospère et démocratique, ancrée dans l'UE, est une garantie de sécurité pour toute l'Europe et un élément clé du processus de paix », a-t-il souligné, rappelant que le pays avait déjà accompli des progrès « remarquables » en matière de réformes européennes, même dans les circonstances les plus difficiles. « Les préparatifs techniques avec les institutions de l'Union européenne progressent bien, et nous pouvons nous attendre à des avancées significatives sur la voie de l'adhésion dans un avenir proche », a-t-il estimé.

« L’Ukraine peut compter sur notre plein soutien pour son adhésion à l’UE et sa reconstruction d’après-guerre », ont promis les présidents du Conseil européen, de la Commission européenne et du Parlement européen dans une déclaration. 

Malgré ces espoirs, la Hongrie bloque toujours l’ouverture de chapitres de négociations d’adhésion.

Voir la déclaration des trois présidents des institutions européennes : https://aeur.eu/f/kw7 ; celle du G7 : https://aeur.eu/f/kw8 ; et celle de la coalition des volontaires : https://aeur.eu/f/kw9 (Camille-Cerise Gessant)

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