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Bulletin Quotidien Europe N° 13792
CONSEIL EUROPÉEN / États-unis

L’Union des Européens fait leur force, soulignent les dirigeants européens réunis à Bruxelles

Les dirigeants européens ont souligné, jeudi 22 janvier, l’importance d’une Union européenne unie pour faire face à une administration américaine imprévisible. Plusieurs chefs d’État ou de gouvernement ont rappelé que la coopération avec les États-Unis était essentielle, mais pas à n’importe quel prix, et qu’il fallait en parallèle renforcer l’autonomie de l’Europe.

« L’UE et les États-Unis sont depuis longtemps partenaires et alliés. (…) Nous sommes convaincus que les relations doivent être entretenues avec cordialité et respect », a souligné le président du Conseil européen, António Costa, à l’issue du sommet informel.

Si le président américain Donald Trump a retiré ses menaces de tarifs douaniers à l’encontre de huit pays européens (EUROPE 13791/1), les Européens restent sur leur garde. « Concernant les relations entre l’Europe et les États-Unis, nous ne devons pas tout accepter », a prévenu le Premier ministre finlandais, Petteri Orpo. « Nous devons montrer que lorsque nous sommes unis, nous sommes forts. Je pense que les États-Unis, et le président Trump, respectent la force et l’unité », a-t-il expliqué.

« Quand l’Europe est unie, forte et qu’elle réagit vite, les choses rentrent dans l’ordre », a confirmé le président français, Emmanuel Macron. « Il faut que les choses soient plus stables et plus prévisibles », a-t-il prévenu.

Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, a jugé « inestimable » « une Europe unie, et qui reste concentrée sur la nécessité d’éviter un effondrement ou une crise des relations transatlantiques ».

Le président chypriote, Nikos Christodoulidis, a également mis en garde contre une escalade qui serait « préjudiciable à tous, aux États membres, aux États-Unis » et nuirait aux relations transatlantiques, tout en prévenant que l’UE ne ferait aucun compromis sur la souveraineté, l'intégrité territoriale et les principes fondamentaux du droit international.

« Nous avons besoin des États-Unis (...) mais cela implique des relations plus complexes, qu’il faut redéfinir clairement, sans jamais abandonner nos principes fondamentaux », selon le Luxembourgeois Luc Frieden.

Car malgré l’imprévisibilité du président américain, les États-Unis restent un allié indispensable. « Nous restons prêts à poursuivre un dialogue constructif avec Washington sur toutes les questions d'intérêt commun », a rappelé António Costa. Il s'agit notamment de l'Ukraine et de la sécurité de l'Arctique.

« La relation entre les États-Unis et l’UE reste cruciale sur les plans économique, politique et géopolitique. Les deux parties doivent donc travailler d’arrache-pied pour maintenir cette relation et lui insuffler un nouvel élan », a plaidé le Premier ministre irlandais, Micheál Martin.

De même, pour son homologue néerlandais, Dick Schoof, il faut continuer « à chérir le lien transatlantique ». Ce lien « évolue, mais il est loin d'être rompu. Il ne faut pas le regarder avec nostalgie, mais nous devons regarder vers l'avenir ».

Prolongation des contre-mesures. Avec les derniers développements, la Commission européenne devrait acter la prolongation, au-delà du 6 février, du gel des contre-mesures commerciales permettant d’imposer des tarifs sur une liste de produits américains pour une valeur de 93 milliards d'euros.

Ces contre-mesures avaient été envisagées en 2025 en réaction à la guerre commerciale initiée par l'administration américaine. Elles ont été suspendues par la suite, pour une période de six mois, lorsqu’Ursula von der Leyen et Donald Trump sont parvenus à un accord instaurant notamment un taux plafond de 15% pour tous les produits de l’UE (EUROPE 13694/15).

Le vote de prolongation pour une nouvelle période de six mois devrait avoir lieu sous peu, selon la procédure de comitologie, impliquant un vote à la majorité qualifiée des États membres, au sein d’un comité sur la réglementation des obstacles au commerce (TBR).

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a rappelé que ces contre-mesures existaient toujours, mais qu'il importait aujourd'hui de respecter l’accord de l’été. « C’est ce que nous souhaitons de la part des États-Unis et ce que nous voulons finaliser de notre côté », a-t-elle insisté (voir autre nouvelle).

Outil anti-coercition. Évoquée à maintes reprises cette semaine en tant qu’outil puissant de représailles commerciales pour l’UE, l’activation de l’instrument anti-coercition, adopté en 2023, n’était plus sur la table (EUROPE 13789/2).

Toutefois, les derniers remous avec l’allié américain, qui se sont manifestés en point d’orgue, le week-end dernier, avec les menaces coercitives liées à l’annexion du Groenland, ont fait office de coup de semonce.

Selon plusieurs sources diplomatiques, il est nécessaire de se rappeler que cet outil existe en tant qu’ « arme stratégique » et qu’il peut être mobilisé pour répondre à des menaces de pays tiers hostiles.

Elles ont rappelé, en outre, que cette « arme » est une boîte à outils qui peut-être utilisée de manière graduée, avec une gamme de ripostes possibles, en fonction de l’ampleur de la menace. (Camille-Cerise Gessant et Pauline Denys, avec la rédaction)

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