Les eurodéputés ont exhorté la Commission européenne et la vice-présidente, Roxana Mînzatu, chargée des Droits sociaux et des Emplois de qualité, jeudi 22 janvier à Strasbourg, à présenter des initiatives ambitieuses pour permettre la continuité du plan d’action sur le pilier des droits sociaux, qui avait conduit en mars 2021 les dirigeants européens à fixer trois grands objectifs à atteindre d’ici 2030 sur l’emploi, la formation et la réduction de la pauvreté, notamment infantile.
Alors que la Commission a prévu en 2026 des initiatives législatives sur les ‘Emplois de qualité’ et la mobilité équitable du travail, ils ont, entre autres, appelé à un financement européen crédible pour les politiques sociales et d’emploi grâce à un Fonds social européen (FSE) renforcé au sein du prochain cadre financier pluriannuel, comme l’a demandé notamment Denis Radtke (PPE, allemand).
L’élu du PPE a aussi appelé la Commission à fournir des éléments de mesure des progrès sociaux, citant l’exemple de la garantie européenne pour l’enfance, « dont on ne connaît pas le montant dépensé jusqu’à présent et comment ».
Pour Estelle Ceulemans (S&D, belge), le futur plan d’action devra « être ambitieux et viser la qualité des emplois et une approche multidimensionnelle » portant aussi sur l’accès à l'éducation et des moyens ambitieux pour le FSE et la 'Garantie jeunesse', au risque de transformer ce plan en « boîte vide ».
Le groupe CRE a aussi plaidé pour un soutien financier aux entreprises pour doper les formations alors que le groupe PfE a appelé l’UE à ne rien faire et à ne pas se mêler de compétences qui ne sont pas les siennes.
Répondant à une question orale déposée par Li Andersson (La Gauche, finlandaise) sur le degré d’ambition du futur Plan (EUROPE 13789/15), la vice-présidente a indiqué que les résultats du plan d’action de 2021, qui mettait en musique le socle européen des droits sociaux, lui-même adopté en 2017, seront présentés « en juillet ».
« Le plan d’action 2021 porte ses fruits. Des progrès ont été constatés. Cependant, nous devons faire davantage. Nous devons faire mieux et plus vite dans certains domaines », a dit la vice-présidente alors que les objectifs en matière de formation des adultes ne sont pas atteints, ni ceux sur la pauvreté.
« Nous analysons actuellement les résultats et finalisons cet examen. Si les effets concrets du plan d’action se font encore sentir, les retours d’information reçus confirment l’importance et la pertinence de ce pilier ».
En 2026 seront adoptées, quoi qu'il en soit, « la toute première stratégie européenne de lutte contre la pauvreté, une recommandation du Conseil sur la lutte contre l'exclusion du logement et une garantie européenne renforcée pour l'enfance », a aussi indiqué la responsable.
« La stratégie de lutte contre la pauvreté adoptera une approche résolument centrée sur la personne, prenant en compte le cycle de vie et la prévention, notamment face à l'augmentation du coût de la vie ».
L'examen du plan d'action de 2021 « permettra de définir la pertinence de nouvelles initiatives en tenant compte des nouveaux besoins de l'UE identifiés. Ces nouvelles actions viendront compléter et renforcer les initiatives en cours et celles planifiées »», a-t-elle encore précisé. (Solenn Paulic)