Les ministres des Affaires étrangères de l’UE se retrouveront lundi 15 décembre à Bruxelles pour leur dernier Conseil de l’année, pour discuter de l’Ukraine, du Moyen-Orient et des relations avec la Chine.
Ukraine. Une nouvelle fois, après s’être entretenus avec leur homologue ukrainien, Andrii Sybiha, les ministres se pencheront sur la situation en Ukraine, notamment sur les efforts de paix en cours, alors que devrait se tenir, dans la soirée du 15 à Berlin, une rencontre réunissant le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, de « nombreux » chefs d'État ou de gouvernement européens et les dirigeants de l'UE et de l'OTAN, selon le bureau du chancelier allemand, Friedrich Merz.
Le Conseil discutera des garanties de sécurité que l’UE peut apporter à Kiev, y compris de la mission d’assistance militaire de l’UE en soutien à l’Ukraine (EUMAM), qui a déjà formé plus de 85 000 personnes, de l’expertise européenne sur le secteur de la défense, du renforcement de la mission civile pour élargir son mandat à la cybersécurité et à la lutte contre les menaces hybrides, à la réintégration des vétérans, à la gestion des armes de petit calibre et au déminage.
Dans le cadre de la lutte contre la 'flotte fantôme', le Conseil devrait adopter des sanctions contre une quarantaine de navires supplémentaires et contre neuf entités ou personnes liées à l’écosystème de la flotte. Les ministres pourraient adopter une déclaration commune de l’UE et des États membres sur la lutte internationale contre la 'flotte fantôme', déclaration qui prévoirait l’ouverture de négociations avec des États tiers concernant l’autorisation préalable pour l’arraisonnement des navires de la flotte. Ils pourraient également discuter de ce que la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (ÛNCLOS) permet de faire concernant les arraisonnements en cas de doute sur l’origine d’un navire et de sa mise en œuvre en lien avec le droit de chaque État membre.
Des sanctions devraient également être adoptées dans le cadre du régime portant sur les activités déstabilisatrices de la Russie.
Le soutien au secteur énergétique ukrainien, le retour des enfants déplacés de force ou kidnappés - ils seraient un peu moins de 20 000 - et la reddition des comptes, à la veille du lancement d’une nouvelle convention établissant une Commission internationale des réclamations pour l'Ukraine seront aussi abordés.
Moyen-Orient. Les ministres discuteront ensuite de la situation au Moyen-Orient. Ils se pencheront sur la contribution européenne à la mise en œuvre du plan de paix par le biais de ses deux missions PSDC, EUBAM Rafah et EUPOLCOPPS. Les ministres pourraient discuter du travail en cours pour modifier les mandats de ces deux missions, en particulier d’EUPOLCOPPS qui pourrait former des policiers gazaouis, potentiellement dans des pays voisins tels que la Jordanie ou l’Égypte. La situation humanitaire à Gaza, toujours très difficile, devrait également être abordée.
Le Conseil fera un point sur la situation en Syrie, un an après la chute du régime Assad (EUROPE 13768/16) et sur l’aide que l’UE pourrait apporter à la transition.
Les ministres devraient aussi discuter du Liban, y compris du soutien de l’UE à la sécurité du pays. L’UE travaille actuellement à de possibles options, y compris la possibilité d’une mission PSDC civile en appui des forces de sécurité civile ou/et pour aider à la gestion des frontières ou encore d’une mission de formation pour les forces armées (EUROPE 13698/4). Plusieurs États membres assurent déjà de la formation.
Chine. Les ministres auront aussi un échange de vues sur la Chine et les relations de l'UE avec ce pays. La note de cadrage de la discussion de la Haute Représentante porte sur quatre enjeux majeurs : le soutien chinois à l’effort de guerre russe, la reconstruction de l’Ukraine avec la possible participation de la Chine et les limites qui pourraient lui être posées, notamment sur les infrastructures critiques, la vulnérabilité de l’UE dans les chaînes industrielles de défense, et enfin, le déséquilibre persistant dans les relations économiques. Plusieurs sources ont souligné vendredi l’importance de dialoguer avec la Chine en tant qu’Européens, alors que Pékin tente de bilatéraliser ses relations avec chaque État membre.
Grands Lacs. À la demande d’un État membre de l’UE, les ministres européens reviendront sur la situation dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où, en dépit de l’accord diplomatique conclu jeudi 4 décembre dernier à Washington (EUROPE 13767/26), les combats se poursuivent avec le groupe armé 'M23', soutenu par le Rwanda. « L’évolution est très préoccupante et pourrait réellement faire basculer la crise à un autre niveau. Le sujet a été saisi au niveau de l’UE afin de s’assurer que l’accord soit mis en œuvre », a déclaré vendredi une source européenne. Cette dernière a estimé que la réunion de lundi devait permettre de « s’assurer de faire le meilleur usage possible des démarches diplomatiques et d'explorer des moyens d’améliorer rapidement la situation humanitaire ».
Autres sujets. Par ailleurs, le Conseil recevra des informations sur les menaces hybrides contre les États membres de l'UE. Ces dernières semaines, la Lituanie a dû fermer à plusieurs reprises son espace aérien en raison d’une arrivée massive de ballons météorologiques sur son territoire depuis la Biélorussie.
En amont du Conseil, les ministres rencontreront leur homologue arménien, Ararat Mirzoyan. Ils devraient discuter de l’aide que l’UE pourrait apporter à son pays, qui fait face à des risques d’ingérence russe en amont des élections de juin 2026, des projets de connectivité et du processus de paix avec l’Azerbaïdjan (EUROPE 13764/19).
Le Conseil sera suivi par un Conseil d'association UE-Liban et la journée se conclura par un dîner ministériel avec l’Angola lors duquel les ministres aborderont les questions politiques, de paix et de sécurité, la coopération au sein des instances multilatérales et leurs priorités politiques en matière de coopération et les opportunités commerciales et d'investissement. (Camille-Cerise Gessant et Bernard Denuit)