À l’issue du Conseil des affaires économiques et financières, la Présidence danoise du Conseil de l’Union européenne a salué, vendredi 12 décembre, les avancées réalisées sur le paquet 'monnaie unique', qui inclut le projet de règles relatives à l’euro numérique, conformément à l’appel, en octobre dernier, des chefs d’État ou de gouvernement des pays de la zone euro à accélérer les travaux législatifs (EUROPE 13738/9). Un mandat de négociation des États membres de l'UE est attendu dans les prochains jours.
« Je suis heureux d’annoncer que nous prévoyons un accord du Conseil sur l’euro numérique comme résultat majeur de la Présidence danoise. Nous avons aujourd’hui fait le point sur la solution de la Présidence et nous attendons la finalisation du travail technique », a déclaré la ministre des Affaires économiques du Danemark, Stephanie Lose, lors d'une conférence de presse.
« Nous y sommes presque », a assuré Mme Lose devant ses homologues européens vendredi matin, après le lancement d’une procédure écrite sur l’ensemble du paquet. L’objectif est de permettre une adoption formelle du mandat de négociation du Conseil par les ambassadeurs des États membres auprès de l'UE (Coreper).
« Il reste encore deux sujets ouverts pour nous », a toutefois souligné le ministre français de l'Économie. Roland Lescure a évoqué, d’une part, la question technique de l’interopérabilité avec les autres systèmes du secteur privé. « Il est important que cela continue et que les services de la Banque centrale européenne (BCE) puissent travailler avec les banques afin de garantir une coexistence saine entre l’euro numérique et les services du secteur privé », a-t-il déclaré.
D’autre part, le ministre a estimé nécessaire de porter une attention particulière à la communication auprès du public. « Nous devons rassurer nos citoyens sur le fait que le cash continuera d’exister et que l’euro numérique sera une option supplémentaire », a-t-il ajouté.
Le commissaire européen à l'Économie et à la Productivité, Valdis Dombrovskis, s’est félicité de la progression des travaux, estimant que la position du Conseil offrait une base équilibrée pour les futures négociations avec le Parlement européen.
Le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, de son côté, a salué un « signal politique fort », rappelant que la décision finale d’émettre l’euro numérique ne pourra intervenir qu’une fois le cadre législatif adopté, ouvrant la voie à une mise à disposition potentielle du public à l’horizon 2029. (Bernard Denuit)