Les ministres européens de l’Agriculture ont confirmé leurs divergences, vendredi 12 décembre à Bruxelles, et exprimé des réticences à l’égard de la proposition ambitieuse de la Commission européenne visant à améliorer les conditions de transport des animaux d’élevage.
Plusieurs États membres, dont l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède, la France et l’Autriche, ont insisté sur la nécessité de mettre à jour une législation jugée obsolète, sur l’importance de s’appuyer sur des données scientifiques et sur la priorité à accorder au bien-être animal lors des longs trajets pour les animaux vulnérables ou en cas de températures extrêmes.
De nombreux ministres (Italie, France, Espagne, Portugal, Pologne, Roumanie, Lettonie…) ont demandé de ne pas imposer des contraintes excessives à des filières déjà en difficulté et de garantir des conditions de concurrence égales ('level playing field') au sein de l’UE comme avec les pays tiers. La France et l’Espagne ont insisté sur la nécessité de mesures de réciprocité dans les échanges avec ces pays. L’Italie a notamment demandé de « garantir la continuité des activités économiques et l’égalité de traitement entre opérateurs européens et opérateurs de pays tiers ».
Plusieurs États membres (le Portugal, la Roumanie, la Bulgarie) ont refusé l’idée de durées de transport différentes selon la destination finale des animaux (abattage ou reproduction). L’Autriche a plaidé pour relever l’âge minimal de transport des veaux et a soutenu l’utilisation de valeurs de référence spécifiques pour les transports effectués à plus de 30°C. Plusieurs ministres ont contesté des règles fondées uniquement sur la température extérieure (Bulgarie, Roumanie).
L'Allemagne a demandé de limiter les transports sur de longues distances et de remplacer autant que possible les transports d’animaux vivants par des exportations de viande ou matériel génétique.
La Suède a insisté notamment sur l’antibiorésistance.
Olivér Várhelyi, le commissaire européen à la Santé et au Bien-être animal, a relevé des progrès (https://aeur.eu/f/jyu ) dans les discussions sous présidence danoise du Conseil, notamment en matière de simplification des règles, et a plaidé pour la recherche d’un équilibre entre l’amélioration du bien-être des animaux et le maintien d’un secteur compétitif (EUROPE 13713/18). Il a déclaré espérer que le Conseil de l’UE parviendrait à une position commune lors de la présidence chypriote du Conseil. (Lionel Changeur)