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Bulletin Quotidien Europe N° 13729
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ACTION EXTÉRIEURE / GÉorgie

Plusieurs eurodéputés du S&D réclament la suspension du régime d'exemption de visa contre les politiques au pouvoir en Géorgie

« Ce qui se passe en Géorgie, en termes de recul démocratique, est sans précédent. Sur une période aussi courte, nous n'avions encore jamais vu ça ». Revenu récemment d'une visite de deux jours en Géorgie, Nacho Sánchez Amor, le coordinateur du groupe S&D en commission des affaires étrangères (espagnol), ne cache pas son amertume.

Selon lui, il n'y a pas encore si longtemps, le pays occupait une position en « tête de file » dans la course à l'intégration à l'UE. Désormais, les instances gouvernantes de la Géorgie tiennent un discours qui s'est éloigné en tout point de l'UE, au point de communiquer de la désinformation venue tout droit du Kremlin, estime-t-il (EUROPE 13688/4).

Tout comme lui, Kathleen Van Brempt, vice-présidente du groupe S&D chargée de l'élargissement de l'UE (belge), et Tobias Cremer (S&D, allemand) n'ont pas mâché leurs mots sur les dérives du gouvernement géorgien.

Pour les trois députés S&D, revenus d'une visite de deux jours à Tbilissi, où ils se sont notamment entretenus avec la Présidente géorgienne, Salomé Zourabichvili, l'UE doit désormais « adopter des sanctions plus fermes à l'encontre des politiques au pouvoir », à commencer par « une interdiction totale de visa » (EUROPE 13681/14). 

« C'est la seule chose qu'ils craignent réellement : ne plus pouvoir utiliser l'argent qu'ils volent à l'État et à la société pour le dépenser à l'étranger », a martelé Nacho Sánchez Amor. « Ce gouvernement fait tout ce qui est en son pouvoir pour empêcher le peuple géorgien d'avancer vers l'UE », a renchéri Tobias Cremer. « Nous devons étendre nos sanctions et appeler la Commission à utiliser tous les outils en son pouvoir ».

Sur la question de l'élargissement, les trois élus se montrent évidemment en faveur d'une intégration européenne - mais qui ne pourra, in fine, se faire qu'au prix d'une réforme des traités, particulièrement pour intégrer des garde-fous permettant à l'UE de sanctionner quiconque en son sein se montrerait trop irrespectueux de ses valeurs, à l'instar de la Hongrie. 

Samedi 4 octobre, des manifestations avaient émaillé le pays après des élections locales jugées truquées par l'opposition (EUROPE 13724/15). L'UE, qui a fustigé le manque de transparence, a été accusée par les autorités du pays de « diffuser des mensonges ». (Isalia Stieffatre)

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