Raffaele Fitto, vice-président exécutif de la Commission européenne en charge de la Politique de cohésion, a insisté, lundi 13 octobre, sur l’importance d’une « approche intégrée » entre agriculture et cohésion dans le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) de l'UE pour 2028-2034 (EUROPE 13682/5).
Il a rappelé que les plans nationaux et régionaux prévoient 300 milliards d'euros pour l’agriculture et 452 milliards pour la cohésion, le développement rural et la pêche.
M. Fitto a souligné que cette « intégration » était cruciale pour répondre aux besoins des territoires ruraux. En tant que vice-président exécutif, il coordonne plusieurs portefeuilles (agriculture, tourisme, transport, pêche, économie bleue) afin d’assurer une « approche cohérente et commune » entre ces domaines. Il a rappelé que chaque plan national et régional sera adapté aux besoins spécifiques de chaque État membre, tout en restant intégré dans l’approche européenne.
M. Fitto a souligné l'importance centrale des régions dans la politique de cohésion européenne. Un minimum de 218 milliards d'euros sera alloué aux régions les moins développées de l'UE. Il a souligné la nécessité de maintenir un « rôle fort » des régions dans la conception et la mise en œuvre des programmes. « Car les régions connaissent très bien les besoins locaux, et je considère qu’il sera fondamental de confirmer cette approche pour continuer dans cette direction à l’avenir ».
Kata Tüttő, présidente du Comité européen des régions, a exprimé de vives inquiétudes concernant la proposition 2028-2034 (EUROPE 13683/14). Elle a souligné que la politique de cohésion ne devait pas être perçue comme un « fonds de charité », mais comme un outil d'investissement et de stabilisation à long terme. Elle a averti que la proposition actuelle risquait de « nationaliser » la politique de cohésion, de la déconnecter des régions et de créer une concurrence entre les fonds agricoles et de cohésion, ce qui pourrait affaiblir le tissu social, territorial et économique de l'UE.
Régions frontalières orientales. Pour ces régions, M. Fitto a insisté sur l’importance de travailler main dans la main avec les États membres et les autorités régionales afin de comprendre leurs besoins et d’adapter les politiques européennes à leur situation particulière. La Commission adoptera, d’ici fin 2025, le 'Pacte pour les régions frontalières orientales', avec un diagnostic clair sur les besoins de ces territoires et des mesures adaptées pour y répondre. (Lionel Changeur)