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Bulletin Quotidien Europe N° 13729
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SOCIAL - EMPLOI / Emploi

Emplois peu rémunérés, classe moyenne, hausse des salaires - la Commission publie un rapport mitigé sur la situation de l'emploi dans l'UE en 2024

Le marché du travail européen est resté résilient en 2024, avec un faible taux de chômage, malgré un ralentissement de la croissance de l'emploi, a résumé la Commission dans un nouveau rapport sur l’emploi publié lundi 13 octobre.

Pourtant, malgré les progrès positifs réalisés au cours de la dernière décennie, qui ont vu certains secteurs bénéficier d'importantes hausses de salaire, un travailleur sur cinq continue d'occuper un emploi faiblement rémunéré.

En 2024, les salaires ont augmenté de 2,7% ; ils devraient dépasser les niveaux d'avant la pandémie dans la plupart des États membres d'ici la fin de l'année. Le rapport souligne que des mesures telles que l'augmentation du salaire minimum peuvent aider les personnes à bas salaires à faire face au coût de la vie.

Après avoir précédemment dépassé la croissance économique, la croissance de l'emploi a commencé à s'aligner plus étroitement sur les tendances économiques au second semestre 2024, écrit la Commission.

« Les chiffres agrégés masquent des différences entre les pays, les pays plus spécialisés dans l'industrie manufacturière connaissant une stagnation ou des pertes d'emplois. Contrairement au passé, ces pertes n'entraînent plus de gains de productivité dans l'industrie manufacturière, ce qui souligne la nécessité d'améliorer également les services ».

135 000 à 450 000 emplois potentiellement menacés par les droits de douane américains. Les droits de douane américains pourraient aussi avoir un impact négatif sur l'emploi.

L'impact global d'une augmentation de 15% des droits de douane sur l'emploi est estimé entre 135 000 et 450 000 emplois, inégalement répartis entre les secteurs et les pays.

Le déclin des emplois à bas salaires et à forte productivité témoigne certes d'améliorations en matière d'éducation et de productivité, note le rapport, mais « de nombreux travailleurs hautement et moyennement qualifiés sont employés dans des secteurs à faible productivité et des professions à bas salaires, ce qui témoigne d'une utilisation du capital humain insuffisante ». 

La part des bas salaires, reflétant la proportion de salariés gagnant deux tiers ou moins du salaire horaire brut médian d'un pays, a en effet diminué dans l'UE, passant de 15,2% en 2018 à 14,7% en 2022.

Mais cette part a augmenté en Belgique, en Bulgarie, en Grèce, au Luxembourg, en Hongrie et en Roumanie.

Les salaires réels dans l'UE, quant à eux, ont globalement retrouvé leurs niveaux d'avant la pandémie, « mais leur croissance est limitée par une évolution structurellement faible de la productivité. » Là encore, la situation varie.

Dans un tiers des pays membres, les salaires réels dépassent désormais largement les niveaux pré-pandémie. Toutefois, en République tchèque, en Allemagne, en France, en Italie et en Finlande, ils ne se sont pas encore redressés.

Enfin, si nombre de bas salaires et de personnes confrontées à la pauvreté au travail ont diminué depuis la pandémie, certains travailleurs à revenus moyens ont de plus en plus de mal à se procurer certains biens ou services de base. Ils n'ont généralement pas bénéficié des récentes augmentations du salaire minimum ni des mesures de soutien gouvernementales. La situation des travailleurs de la classe moyenne s'est détériorée dans la plupart des États membres à revenus élevés.

Plus d'informations : https://aeur.eu/f/ix8 (Solenn Paulic)

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