Intervenu à la Conférence balte sur l'euro numérique, le commissaire européen à l'Économie, la Productivité et la Simplification, Valdis Dombrovskis, a présenté, lundi 29 septembre, le projet d'une nouvelle monnaie électronique pilotée par la Banque centrale européenne, en tant que levier d'autonomie stratégique pour l'UE.
« Notre monnaie doit continuer à évoluer en parallèle des bouleversements géopolitiques et technologiques qui transforment notre monde. (...) La monnaie qui soutiendra la prospérité de 21 pays de la zone euro doit désormais pleinement embrasser les technologies du XXIᵉ siècle », a déclaré M. Dombrovskis à Tallinn (Estonie).
Selon le commissaire, le recul de l’usage des espèces a accentué la dépendance de la zone euro vis-à-vis des systèmes internationaux de paiement par carte, fragilisant ainsi l’autonomie stratégique européenne, notamment face aux risques de failles de sécurité ou aux changements imposés par des prestataires non-européens.
« L’euro numérique peut contribuer à contrer ces risques en garantissant que la zone euro conserve la maîtrise de son infrastructure financière et de paiements », a argué M. Dombrovskis.
À la suite de l'accord politique dégagé par l'Eurogroupe le 19 septembre dernier (EUROPE 13713/7), les discussions s'accélèrent au Parlement européen et au Conseil de l'UE, où la Présidence danoise ambitionne de parvenir à une approche commune d'ici la fin de l'année.
Selon une étude, outre le maintien de l'argent en espèces comme moyen de paiement, la sécurité, la facilité d’utilisation et la gratuité d'un futur euro numérique sont les trois priorités des consommateurs européens (EUROPE 13717/15). (Bernard Denuit)