Une majorité d'États membres auraient fait part de leur intérêt à poursuivre les travaux sur l'élaboration d'un nouveau prêt pour dédommager l'Ukraine des destructions causées par l'agression militaire russe (EUROPE 13713/2), vendredi 26 septembre, lors d'une réunion des ambassadeurs des États membres auprès de l'Union européenne (Coreper).
Lors de cette discussion, la Commission européenne a présenté aux États membres un court document écrit présentant les grandes lignes de cette initiative annoncée par sa présidente, Ursula von der Leyen, début septembre (EUROPE 13706/2). L'enveloppe financière pourrait s'élever à 140 milliards d'euros pour couvrir les besoins financiers ukrainiens au moins en 2026 et 2027. Un chiffre également évoqué par le chancelier allemand, Friedrich Merz (EUROPE 13718/17).
Beaucoup de questions demeurent en suspens avant que la Commission présente sa proposition, dont l'ampleur dépendra aussi des besoins en financement de l'Ukraine. À ce titre, le FMI doit rendre une évaluation dans les prochains jours. Par ailleurs, la façon dont le prêt sera garanti - d'abord de façon bilatérale sur la base des budgets nationaux puis à Vingt-sept via le budget de l'UE - est une question ouverte. Autres questions posées : qui gérera les futurs titres émis pour remplacer les soldes de trésorerie provenant des avoirs publics russes arrivant à échéance ? Les pays partenaires du G7 répliqueront-ils l'initiative ?
Retombées pour l'industrie militaire européenne. Font également partie de la discussion les retombées pour l'industrie militaire européenne du futur prêt à travers les achats d'équipement que pourrait faire l'Ukraine.
Ce prêt « permettra à l'Ukraine d'avoir accès à un approvisionnement régulier en équipements et en armes de qualité supérieure provenant principalement de l'industrie européenne et de sa propre industrie de défense », indique la Commission européenne dans son document de cadrage qui nourrira les discussions du sommet européen extraordinaire, mercredi 1er octobre à Copenhague (voir autre nouvelle).
Lundi 29 septembre, une source présidentielle française (Élysée) a énoncé plusieurs « conditions essentielles » inhérentes au futur prêt de l'UE : « ne pas confisquer les avoirs publics russes », la répartition des risques par l'apport de garanties, « la poursuite des réformes en Ukraine et le lien avec la base industrielle de l'UE ».
Les discussions se poursuivront lors d'une réunion du 'G7 Finances' en distanciel, mercredi. La Présidence du Conseil de l'UE a inscrit ce dossier à l'agenda de la réunion des ministres européens des Finances, vendredi 10 octobre à Luxembourg. (Mathieu Bion)